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Enseignement

Ces magiciens de la rentrée

Mis en ligne le 27/08/2010

L’inexorable grand-messe des écoliers se réinvente chaque année. Un moment magique qui se prépare derrière le rideau des mois d’été.

La rentrée ? "Chaque année, c’est la même chose, mais qu’est-ce que c’est bon !", résume Caroline, 17 ans, à une semaine du grand jour. Et on ne peut pas lui donner tort. On dit que cela fait plus de douze siècles que le phénomène se répète sans lasser. Douze siècles que ce "sacré Charlemagne" aurait inventé, sinon l’école, l’obligation d’y aller pour tous. Tragédie ou cadeau providentiel, la question n’est pas là. De toute façon, les vacances d’été, trop longues, ont su faire oublier même aux plus rebutés à quel point "l’école, c’est nul".

Mais il y a surtout, derrière le rideau des vacances, une agitation discrète qui redonne l’envie de reprendre le cartable

Pour Mathieu, 11 ans, c’est le moment le plus excitant de l’année, lui qui fréquente l’école de Notre-Dame à La Hulpe. Il n’est pas - encore - blasé des nouveautés à répétition qui font l’apanage du sacro-saint premier septembre. Pas étonnant quand on sait que de la première à la sixième primaire, il a vu apparaitre dans son école, comme par enchantement, un bac à sable, un toboggan, une échelle horizontale pour s’improviser Spider-Man, une nouvelle cour de jeux "séparée des petits", un panier de basket, un goal de foot et des bancs pour les supporters, excusez du peu !

Un véritable phénomène magique qui se produit chaque année dans la plupart des écoles de Belgique. Et si Mathieu n’y a vu que du feu, c’est parce que les "trucs" du numéro sont à chercher dans les coulisses des mois d’été. Pendant ces longues semaines qui voient les écoles quasi désertes, une armada de travailleurs s’activent sans relâche. L’objectif : améliorer toujours un peu plus le confort de ces chères petites têtes blondes.

A Notre-Dame, Jacques Vandiest (surnommé "Monsieur Jacques" depuis son arrivée à l’école) est tout à son affaire. Pour accueillir les trois-cents marmots dès le premier jour de classe, il veut s’assurer que rien ne manque, nulle part. Monsieur Jacques est un peu le couteau suisse de la petite école. "En réalité, je suis animateur, mais cela fait dix-huit ans que je travaille ici et, par la force des choses, je suis au premier rang pour constater les nécessités matérielles de l’établissement", explique-t-il. Une classe de maternelle supplémentaire ? L’homme envisage déjà d’accroitre l’espace de jeu des tout petits. "Il va falloir déplacer ces containers ou les placer derrière une palissade en bois, je dois encore y réfléchir", admet-il.

Une réflexion qu’il va falloir glisser entre les nombreuses autres tâches que lui réserve la saison. "En juillet et aout, je m’occupe de l’entretien, des petits travaux et bricolages. D’abord parce que ça me plait, et puis ça rend service". L’un de ses derniers ouvrages peut d’ailleurs s’apprécier dans la salle des professeurs où Monsieur Jacques a "fait tomber la cloison, déplacé une porte et repeint les murs en vert, jaune, rose et bleu Les couleurs ont été choisies par ces dames (NdlR : le personnel enseignant féminin) !", s’empresse-t-il de préciser en riant.

Et c’est sans compter le travail de modernisation des installations, puisque Monsieur Jacques est un grand amateur de nouvelles technologies. D’ailleurs, le parc informatique de l’école est sur le point de s’élargir. "On attend une douzaine d’ordinateurs pour le début de l’année. Une opportunité comme celle-là, offerte par la Communauté française, ça ne se refuse pas".

Il n’y a pas de doute, Jacques Vandiest est aux petits soins pour cette école dans laquelle "il y a et il y aura toujours quelque chose à faire". Ainsi, Monsieur Jacques arpente les allées, les couloirs et les classes à l’affut de la moindre anomalie. Une ampoule cassée, un évier qui déborde, une peinture qui s’effrite, rien n’échappe à son œil imprégné de chaque recoin de la vieille Notre-Dame, qui fêtait ses 130 ans l’année passée.

Son bonheur est dans la répétition des années qui se suivent et ne se ressemblent pas. "J’aime bien les rentrées scolaires, ça donne envie de recommencer", conclut-il.

Il n’est pas d’école qui n’ait pas son "Monsieur Jacques" - "Madame Jacqueline" ? -, un être humain passionné à l’énergie débordante, au service de son école. Et si une fois encore, cette année lui réserve son lot de surprises, une nouvelle salle de détente, un baby-foot flambant neuf, une classe fraichement repeinte ou encore un distributeur de sodas, osons croire que la marmaille aura une petite pensée pour ces magiciens de la rentrée.O. C. (st.)

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