Abonnez-vous a La Libre Belgique

L'affaire qui a ébranlé la Belgique

BELGA

Mis en ligne le 06/09/2002

C'est le 15 août 1996 que la Belgique découvre Marc Dutroux, lorsque Laetitia Delhez, enlevée le 9 août 1996 à Bertrix, et Sabine Dardenne, disparue à Kain le 28 mai 1996, sont retrouvées dans une habitation de Marcinelle. Deux jours plus tôt, trois personnes avaient été arrêtées: Marc Dutroux, le propriétaire de la maison, Michèle Martin, son épouse, et Michel Lelièvre.

Le 17 août, ce sont les corps des petites Julie Lejeune et Melissa Russo, disparues ensemble à Grâce-Hollogne le 24 juin 1995, qui sont découverts dans une maison de Sars-la-Buissière appartenant aussi à Dutroux. Le cadavre de Bernard Weinstein, un complice de Dutroux, tué par celui-ci, est trouvé au même endroit. Un peu plus tard, début septembre, ce sont les cadavres de An Marchal et d'Eefje Lambrecks, disparues le 22 août 1995 à la Côte belge, qui sont retrouvés.

Le dossier est confié au juge d'instruction Jean-Marc Connerotte de Neufchâteau. Mais celui-ci est dessaisi parce qu'il a participé à un souper-spaghetti organisé en faveur de Laetitia Delhez. Le dossier est alors confié au juge Jacques Langlois.

La révélation de l'affaire, qui allait devenir une des affaires criminelles les plus médiatisées des années '90, sème le doute dans la population belge. Des mouvements de protestation contre le dessaisissement du juge Connerotte sont organisés aux quatre coins du pays. Le mouvement «populaire » atteint son apogée le 20 octobre 1996 quand 300.000 personnes marchent ensemble dans les rues de Bruxelles pour réclamer «une meilleure justice ».

L'engouement populaire provoque la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire, dont les travaux sont retransmis en direct par les chaines de télévision. La commission rend son rapport en avril 1997. Il débouchera sur la création de la police intégrée.

Le 23 avril 1998, la Belgique replonge quelques heures dans l'horreur en apprenant l'évasion de «l'ennemi public nø1 ». Marc Dutroux s'est en effet évadé alors qu'il consultait son dossier au Palais de justice de Neufchateau. Il sera rattrapé trois heures après sa fuite à une vingtaine de kilomètres de Neufchâteau.

Mais l'évasion n'est pas sans conséquences. Le monde politique est secoué et les ministres de la Justice, Stefaan De Clerck, et de l'Intérieur, Johan Vande Lanotte, démissionnent. Ils sont suivis par le chef de l'Etat-major de la gendarmerie, le général Willy Deridder.

L'enquête Dutroux se poursuit. Une centaine d'enquêteurs, régulièrement secondés par des «spécialistes », se consacrent exclusivement au dossier. De nombreux devoirs sont effectués. L'hypothèse des réseaux est envisagée et des expertises sont réalisées sur quelque 6.000 cheveux découverts dans la cache de Marcinelle.

L'instruction est très longue et, en février 2001, la chambre des mises en accusation de Liège, se basant sur l'article 136 bis du code d'instruction criminelle, se penche sur l'instruction, entendant les magistrats concernés par le dossier.

Le 22 octobre, à la suite de cette «enquête », le procureur général de Liège, Anne Thily, estime que le dossier est complet et qu'il doit être transmis au parquet général. La justice décide cependant de laisser un deuxième «dossier bis » ouvert afin de permettre de poursuivre l'enquête concernant d'éventuels réseaux.

C'est finalement le 22 avril 2002 que le procureur du Roi Michel Bourlet a signé son réquisitoire et l'a transmis au juge Langlois, soit 82 mois après l'enlèvement de Julie et de Melissa.

Le dossier Dutroux est scindé en deux parties: l'enlèvement des enfants d'une part (dossier 86/96), l'assassinat de Bernard Weinstein et la séquestration de jeunes gens qui étaient soupçonnés par Dutroux de l'avoir «doublé » dans un trafic de voitures d'autre part (dossier 87/96). Les deux dossiers ont cependant été joints dans le réquisitoire de Michel Bourlet.

Quatorze personnes sont inculpées dans le dossier: Dutroux, Lelièvre, Martin, Nihoul, Pinon, Diakostavrianos, De Cokere, Bouty, Thirault, Zicot, Lesage, Michaux, Martin et Vanesse.

Le parquet demande le renvoi devant les assises des 5 premiers. Pour Vanesse, décédé en novembre 1997, l'action publique est éteinte.

Trois inculpés sont encore détenus actuellement: Marc Dutroux, Michèle Martin et Michel Lelièvre.

Plus de 7 ans se sont écoulés entre l'enlèvement de Julie et de Melissa et la première audience «de renvoi » de la chambre du conseil. Mais actuellement, de nombreuses questions restent toujours sans réponse. Ainsi on ne sait toujours pas qui a enlevé Julie et Melissa, pourquoi, comment, où ont été enlevées An et Eefje. L'existence d'éventuels réseaux est elle aussi régulièrement débattue, même au sein du palais de justice de Neufchateau entre magistrats.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page