Belgique

Le tribunal correctionnel de Bruges a prononcé mercredi les différentes condamnations dans le procès de l'assassinat du châtelain de Wingene, Stijn Saelens. André Gyselbrecht et Pierre Serry, les deux principaux accusés, ont été condamnés respectivement à 27 et 21 ans de prison.

Evert de Clercq écope lui d'une peine de 27 ans de prison tandis que Franciscus Larmit purgera une peine de 15 ans.

André Gyselbrecht, le médecin de Ruiselede, avait commandité l'assassinat de son beau-fils. Le ministère public avait réclamé 30 ans de prison et 15 ans de mise à disposition. Stijn Saelens a été abattu le 31 janvier 2012 dans son château de Wingene. Son beau-père André Gyselbrecht avait immédiatement été suspecté d'être le commanditaire de l'assassinat. André Gyselbrecht avait porté plainte contre son beau-fils pour inceste. Il ne supportait pas non plus les projets de Stijn Saelens de partir en Australie.

Durant des années, André Gyselbrecht a prétendu qu'il n'avait voulu que donner une leçon à son beau-fils. Il aura finalement avoué les faits durant le procès. "C'était le dernier recours pour protéger mes petits-enfants. Ils étaient en danger", avait-il déclaré.

Quant à Evert de Clercq, également condamné à 27 ans, il avait recruté le tueur Antonius van Bommel mais a toujours nié son implication. Le ministère public réclamait 28 ans de prison à son encontre et 15 ans de mise à disposition.

En 2013, Evert de Clercq était suspecté par les enquêteurs d'être un second exécutant possible de l'assassinat. Après un test ADN négatif, il avait été relâché.

Mais, après des déclarations de Franciscus Larmit, de Clercq était de nouveau suspecté en 2015. Par ailleurs, Pierre Serry l'avait mis en contact avec le tueur "Ronnie van Bommel". Selon Pierre Serry, de Clercq avait demandé 150.000 euros pour organiser l'assassinat.

Le rôle de de Clercq a été peu abordé durant le procès. "Cela ne me surprend pas. Je suis innocent donc il y a peu de choses à dire sur moi", avait-il déclaré. Sa défense demandait en vain son acquittement.

Pierre Serry, lui, a joué un rôle crucial d'intermédiaire et dans la planification de l'assassinat. Le beau-père de la victime André Gyselbrecht avait fait appel à son ami Pierre Serry, propriétaire du chalet près duquel le corps de la victime avait été découvert deux semaines après les faits. Le ministère public réclamait 26 ans de prison et 15 ans de mise à disposition contre lui.


La défense de Gyselbrecht ira en appel

La défense d'André Gyselbrecht (67 ans) ira vraisemblablement en appel contre la condamnation de son client à 27 ans de prison. Me Johan Platteau estime que le tribunal n'a pas assez tenu compte de la situation difficile dans laquelle se trouvait le médecin de Ruiselede à ce moment-là. "J'ai conseillé à mon client de faire appel. J'ai déjà traité 83 affaires d'assassinat et je n'ai jamais défendu quelqu'un qui a fait de son mieux durant sa vie", explique Me Platteau.

André Gyselbrecht a déclaré qu'il voulait écarter Stijn Saelens pour protéger sa fille et ses petits-enfants. "La situation était horrible et il voulait que cela s'arrête. Cette situation aurait dû mieux être appréciée dans le jugement", selon Me Platteau.


"Roy Larmit est coauteur de l'assassinat de Stijn Saelens"

Franciscus "Roy" Larmit (40 ans) est coauteur de l'assassinat du châtelain Stijn Saelens, avait conclu un peu plus tôt mercredi le tribunal de Bruges.

"Larmit était bien au courant du crime auquel il a participé", selon le tribunal. "Roy Larmit et son oncle Antonius Van Bommel (qui a commis l'assassinat) ont fait 2.000 km en voiture durant la période de l'assassinat. Il est impensable que durant cette période ils n'ont pas évoqué pour quelles raisons ils faisaient ces voyages", explique la juge Veronique Hameeuw.

"Il est aussi étonnant que Larmit se souvienne très bien où son oncle se trouvait au moment de l'assassinat mais ne se rappelle de rien de la position du corps à ce moment".

Mme Hameeuw a aussi relevé certaines contradictions entre les déclarations de Larmit principalement sur base de l'enquête téléphonique.

Les avocats de Franciscus Larmit plaidaient l'acquittement pour l'assassinat. Selon sa défense, Larmit ne pouvait être poursuivi que pour la dissimulation de corps. Le parquet réclamait quant à lui 24 ans à son encontre. Larmit a finalement été condamné à 15 ans de prison.