Belgique

Entre 30 et 40% des bénéficiaires actuels des services d'aide à domicile pourraient en être exclus si le nouveau modèle d'assurance autonomie était adopté par le gouvernement wallon, ont dénoncé, lundi à Namur, les fédérations privées des services d'aide à domicile. La fédération wallonne de services d'aide à domicile (FEDOM) et la fédération des centres de services à domicile (FCSD) représentent au total plus de 6.000 travailleurs et près de 40.000 ménages aidés. Ensemble, elles s'opposent à la mise en place du projet actuel d'assurance autonomie déposé fin octobre 2017 par la ministre wallonne de l'Action sociale et de la Santé Alda Greoli (cdH).

"Malgré le paiement annuel d'une cotisation de 50 euros par tous les Wallons, rien ne garantit que chacun pourra bénéficier de cette assurance autonomie", en raison principalement d'un outil d'évaluation - le BelRAI Screener - inadapté "puisqu'il ne prendra pas en compte la situation sociale ou familiale des demandeurs", a ainsi pointé Didier Dubois, le président de la FEDOM.

"S'ils veulent conserver l'accompagnement à domicile par des services agréés, les exclus du système devront payer 35 euros de l'heure en plus de la cotisation individuelle annuelle alors que le tarif actuel à charge du bénéficiaire est de 7,81 euros maximum par heure prestée. Ils n'auront alors pas d'autre choix que de s'adresser au secteur marchand ou d'avoir recours au travail au noir", a-t-il ajouté.

Selon les fédérations - qui craignent que la ministre "tente de passer en force après les vacances de Pâques" -, le projet complexifiera par ailleurs l'introduction d'une demande d'aide, "augmentera les délais de réaction des services et générera une multiplication des acteurs intervenant dans la prise en charge des personnes aidées".

Le risque est grand, surtout, que "l'aspect strictement sanitaire du rôle des aides familiales prenne le dessus sur l'accompagnement social", ont encore averti la FEDOM et la FCSD, qui redoutent en outre une "précarisation des emplois" dans le secteur.

Dans ce contexte, elles réclament "un système clair et efficace, centré sur les personnes aidées". "Ce dont nous avons besoin, c'est d'un contingentement d'heures supplémentaires, d'un système de tarification revu et d'une concertation réelle", a résumé Marie-Claire Sepulchre, la secrétaire générale de la FEDOM.

"Nous sommes favorables à la mise en place d'une assurance autonomie, à côté de ce qui exsite déjà aujourd'hui et qui fonctionne. Nous souhaitons aller vers un système plus simple, prévisible, financièrement stable pour les opérateurs et accessible pour tous les bénéficiaires", ont conclu les deux fédérations.