Belgique Sa défense, Mes Courtoy et Laquay, s’y oppose formellement tant que l’intéressé n’aura pas eu droit à son procès chez nous, expliquent nos confrères de la DH.

La France demande depuis le 25 août dernier à la Belgique l’extradition de l’auteur présumé de l’attentat au Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche.

Cela, dans le cadre de la procédure dite de mandat d’arrêt européen afin de pouvoir le juger pour la séquestration de quatre de ses journalistes en Syrie, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Henin et Pierre Torrès.

Seul bémol ? La défense du terroriste, Mes Sébastien Courtoy et Henri Laquay, s’y oppose formellement tant qu’il n’aura pas eu droit à son procès chez nous et les pénalistes entendent bien mettre la pression pour parvenir à leurs fins.

"Notre client ne s’oppose absolument pas à son extradition en tant que telle, mais s’oppose à être remis physiquement à la France avant son procès en Belgique dans le cadre de la tuerie du Musée juif de Bruxelles", fait savoir Me Courtoy.

La chambre du conseil de Bruxelles rendra sa décision en la matière le 3 novembre prochain; si elle n’a pas la possibilité de s’opposer à l’extradition du terroriste, il faut savoir que le procureur fédéral garde la main sur le moment précis où Mehdi Nemmouche sera remis à la France.

"Mehdi Nemmouche est prêt à dire toute la vérité parce que les victimes y ont droit et parce qu’il pense aussi que la vérité est bonne à dire pour lui, vu qu’il est impliqué mais qu’il n’est pas l’auteur de la tuerie", avance sa défense.

"S’il est extradé maintenant, notre client ne pourra pas prendre connaissance des milliers de pages du dossier qui a été monté contre lui et préparer son procès. Il conservera alors, comme il l’a toujours fait jusqu’ici, le silence et il n’y aura pas de procès tout court", avertit Me Courtoy.

Et d’ajouter : "On veut un procès correct pour les victimes mais aussi correct pour l’accusé. C’est également dans cette optique-là qu’on réclame que le procès soit tenu devant la cour d’assises avec un jury populaire qui puisse entendre les témoins, les experts, et non pas un simulacre de procès en correctionnelle expédié en trois jours, sinon on ne participera pas non plus au procès."

Une mise en garde à prendre au sérieux sachant que Me Courtoy n’a pas pour habitude de se démentir. Le pénaliste vient d’ailleurs, comme il l’avait prédit, d’engranger cette semaine sa 22e libération dans une affaire de terrorisme; après avoir démonté en moins de deux mois de travail les accusations qui pesaient contre les Benhattal, à savoir qu’ils voulaient perpétrer des attentats à Bruxelles en ouvrant le feu sur la foule pendant l’Euro 2016.