Belgique Haashi Ayaanle, qui a immigré de Somalie en 2004, avait obtenu la nationalité belge en 2015.

L’homme tué par balles après une rixe avec des militaires, vendredi soir à Bruxelles, n’avait pas le profil d’un radicalisé. C’est ce qui ressort de son portrait dressé petit à petit.

Haashi Ayaanle, 30 ans, était un homme d’origine somalienne, arrivé en Belgique en 2004. Il vivait à Bruges, dans un logement social, depuis deux ans et demi. Sa situation a été régularisée en 2009 avant qu’il n’obtienne la nationalité belge en 2015.

Son casier judiciaire ne fait aucune mention d’actes de terrorisme et il n’était pas fiché. Une seule mention dans son passé judiciaire : un fait de coups et blessures à Eeklo datant de février 2017. Et aucune mention de troubles psychiatriques.

Hier, ses voisins, interrogés par Het Laatste Nieuws, ne comprenaient pas comment ce jeune homme a pu commettre de tels faits. "Il marchait toujours avec un sourire aux lèvres, il était toujours prêt à aider les personnes âgées de l’immeuble", témoigne un voisin. "Jamais je n’aurais pu prévoir une telle chose, je suis profondément déçu."

Mortellement touché par deux projectiles tirés par les militaires qu’il avait agressés, Haashi Ayaanle ne pourra jamais expliquer les raisons de son acte fou, qui colle si peu à son profil.

Il était environ 20h20 quand Haashi Ayaanle a agressé une patrouille de militaires, sur le trottoir du boulevard Émile Jacqmain, en face d’une pizzeria.

Selon une source militaire (lire ci-dessous), il aurait d’abord donné un coup de couteau à un militaire en criant "Allah Akbar" un détail accrédité par le témoignage d’un employé de la pizzeria.

Les militaires ont tenté d’engager un dialogue et auraient sorti des matraques pour calmer l’assaillant. Cela n’aurait pas suffi et l’homme a légèrement blessé un second militaire. C’est là que la patrouille a ouvert le feu. Les militaires auraient ensuite tenté de pratiquer les premiers soins juste après que les coups de feu n’aient été tirés. Le décès a été prononcé moins de deux heures plus tard.

Sur le corps du jeune trentenaire, les enquêteurs ont retrouvé un couteau, une arme à feu factice ainsi que deux exemplaires du Coran.

Le parquet fédéral , en charge a ouvert une enquête pour "tentative d’assassinat à caractère terroriste". Comme le veut la procédure, une enquête a été ouverte. Mais il ne semblait faire aucun doute que les militaires avaient agi en état de légitime défense.

Selon le bourgmestre de Bruges, Renaat Landuyt Haashi Ayaanle n’avait plus été signalé dans son quartier de Bruges depuis quatre mois. "Il n’y avait aucun signe de radicalisation dans le chef de l’individu", selon M. Landuyt.

Hier soir, le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué l’attaque. "L’assaillant de l’attaque de Bruxelles était l’un des soldats de l’État islamique." Il précise que "l’opération a été menée en réponse aux appels à cibler les États de la coalition" internationale opérant en Syrie et en Irak, dont la Belgique fait partie.