Belgique

L'association de victimes du 22 mars Life4Brussels tire à boulets rouges sur le projet de loi sur l’indemnisation des victimes de terrorisme.

“Le gouvernement a communiqué de manière à faire croire aux gens que les victimes étaient correctement indemnisées. Ce n’est pas vrai mais cela fonctionne ! J’ai des morceaux de fer dans la tête, j’ai attrapé de l’allergie en raison d’une crise anaphylactique, je n’entends plus que d’une seule oreille, je ne vois plus que d’un œil et j’ai différentes douleurs, sans compter le traumatisme. Pourtant, je n’ai reçu que 21.000€ et je ne devrais plus rien recevoir”, insiste ce mardi Claire Gochet, qui se trouvait le 22 mars 2016 dans le wagon de métro en grande partie détruit à Maelbeek. En compagnie d’autres membres de l’association de victimes Life4Brussels, dont Abdallah, qui se trouvait à Zaventem ce jour-là, cette Bruxelloise de 63 ans a dénoncé l’actuel projet de loi portant sur l’indemnisation des victimes d’actes terroristes en Belgique.

une victimes des attentats de Maelbeek
© julien thomas

Un an après les attentats du 22 mars, de nombreuses victimes et familles de victimes ne savent toujours pas à combien s’élèvera leur indemnisation, ou savent déjà qu’elles n’ont droit à presque rien. Et le projet de loi de la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD), sur lequel se penchent actuellement les députés fédéraux, ne répond pas ou que très partiellement aux besoins des victimes. "On est victime deux fois en fait", a expliqué Abdallah Lahlali, qui a perdu sa jambe des suites des explosions dans l'aéroport de Bruxelles national

“Le projet de loi prévoit que l’indemnisation est résiduaire, ce qui signifie qu’une personne déjà prise en charge par son assurance-maladie ou l’assurance de son employeur car étant en chemin vers son lieu de travail ne sera pas indemnisée. Le régime est tellement restrictif qu’il nous a été quasiment impossible d’imaginer une situation où une personne bénéficierait d’une indemnisation !”, s’est indigné Maître Antoine Chomé, l’avocat de Life4Brussels. “Il y a également un risque majeur d’arbitraire dans la décision menant aux taux d’invalidité. Ils seront déterminés par l’Office médico-légal, sans qu’un mécanisme de contrôle soit prévu”, ajoute-t-il.

une victimes des attentats de Zaventem
© julien thomas

Les montants alloués sont également ridicules, insiste l’association. “Pour prendre un exemple concret, une personne avec un taux d’invalidité de 50 % et dont il est certain qu’elle ne pourra plus travailler, recevra une pension d’invalidité d’environ 5.000€ par an, soit la moitié de l’aide du CPAS !”, a fait savoir Antoine Chomé.

Un certain nombre de députés de la majorité de centre-droit siégeant dans la commission Santé, laquelle se penche sur le projet de loi, ont jusqu’ici refusé la demande des victimes... d’être auditionnées! Une incongruité que ne manque pas de souligner le député André Frédéric (PS), qui suit le dossier. “C’est un peu comme si les victimes étaient victimes une deuxième fois. J'ai été sous le choc et honteux quand j'ai appris comment ces les victimes ont été traitées. Pour moi, il est très important que ces personnes soient entendues pour ce projet de loi !”, indique le socialiste, qui siège au sein de la commission Santé.