Belgique

Après les commissions d’enquête sur l’assassinat de Lumumba, sur les "tueries du Brabant", sur les disparitions d’enfants (commission "Dutroux"), le parlementarisme va connaître de nouveaux paroxysmes. Durant les prochains mois, la Belgique, internationalement critiquée, va se replonger dans ses défaillances supposées. Cette fois, il s’agira de comprendre comment les attentats du 22 mars à Bruxelles ont pu avoir lieu, si les services de renseignement et de police auraient pu les éviter.

Forte de pouvoirs équivalents à ceux d’un juge d’instruction, la commission "Attentats" devra rendre un rapport pour fin 2016. Les membres de la commission d’enquête de la Chambre se réuniront les mercredis toute la journée, ainsi que les lundis après-midi. Ces séances auront parfois lieu à huis clos pour protéger l’enquête judiciaire.

Première journée, ce vendredi : les commissaires se rendront sur les lieux des attentats, la station de métro Maelbeek et l’aéroport de Zaventem.

Voilà pour le principe. En attendant ce dénouement, l’enquête des 17 parlementaires de la commission devrait alimenter les médias. Il y a un mois exactement, les explosions meurtrières auraient pu emporter avec elles le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). Le président turc Erdogan avait accusé les autorités belges de ne pas avoir réagi à l’arrestation de l’un des futurs terroristes à la frontière syrienne.

Déstabilisations en vue ?

Autrement dit, il est à craindre que la sérénité de l’enquête parlementaire soit mise à mal par des jeux politiciens et que la commission se transforme en arène : les partis de l’opposition disposent désormais d’un nouvel espace - la commission - d’où ils pourront tenter de déstabiliser le gouvernement Michel. Depuis sa constitution, la "suédoise" n’avait jamais paru aussi fragile. Le 22 mars a fait une première victime collatérale : Jacqueline Galant (MR) a dû démissionner de ses fonctions à la suite des rapports cinglants de l’Union européenne sur la sécurité dans les aéroports belges. Des révélations de la commission provoqueront-elles d’autres départs forcés ?