Belgique

Sélectivité, globalité (on joue wallon, pas sous-régions: «c'est vraiment révolutionnaire», Van Cau dixit), concentration exceptionnelle de moyens, pilotage resserré. Telles sont, défendent ministre-Président socialiste et gouvernement PS-CDH, les innovations des «actions prioritaires pour l'avenir wallon» déployées mardi après-midi à l'Elysette.

Cinq domaines ont donc été ciblés pour les 4 ans à venir: créer des pôles de compétitivité, stimuler la création d'activités, alléger la fiscalité sur l'entreprise, doper recherche et innovation, susciter des compétences pour l'emploi. Chaque domaine est budgété, de même, et c'est rare dans un exercice du genre, que les mesures (ci-dessous) pour chacun d'eux.

Quant aux moyens, on a bien le milliard d'euros ainsi identifié d'ici à 2009: 180 millions de la vente de la moitié des actions régionales en Arcelor; 60 millions en dividendes SRIW; 40 millions en réallocation de dépenses dites facultatives par le Conseil supérieur des finances; 301 millions en rigueur budgétaire (croissance 0 des dépenses, statu-quo des effectifs de la fonction publique...) et contribution des trésoreries de certains pararégionaux; 473 millions de marges budgétaires. On arrive même à 54 millions de plus, mais ceux-ci seront affectés à d'autres domaines, histoire d'indiquer qu'ils ne sont pas oubliés (comme le logement et l'inclusion sociale, toujours promise à un plan stratégique).

Surtout, on arrive même à quelque 500 millions d'euros de plus, sous couvert de financement alternatif. C'est-à-dire? Le milliard est du crédit ordinaire, direct. Les 500 millions sont de l'exceptionnel. Ils sont affectés à deux mesures fort budgétivores mais non récurrentes, une fois réalisées: l'assainissement des sites désaffectés et l'équipement des nouveaux zonings. Ils seront mobilisés par un emprunt (amorti en 20 ans) et des recettes extraordinaires (ainsi, de la vente de terrains assainis).

Crédible?

On ne manquera pas de s'interroger sur la fiabilité du montage. Que ce soit sur ce financement alternatif, la concrétisation de la rigueur annoncée, ou les 473 millions escomptés des projections pluriannuelles 2006-2009. Il s'agit là d'une moyenne de diverses projections (croissance, etc.) publiques.

«Le calcul s'est fait sur des bases sérieuses et raisonnables», se défend le ministre (PS) du Budget, Michel Daerden. «Mais forcément, c'est sur base de projections. On ne peut pas faire autrement», ajoute Van Cau.

On suivra aussi avec attention les possibilités d'implication du niveau fédéral. Notamment parce que le plan a monté en «zones franches» un concept qui n'aurait tout son sens qu'appuyé par des «discriminations positives», fiscales comme sociales, de compétence fédérale.

En tout cas, les mesures régionales seront prises d'ici à la fin 2005. Un décret-programme, sans pouvoirs spéciaux, portera le plus urgent. L'évaluation suivra entre ministres, tous les 3 mois, avec la menace pour le ministre indolent de se voir retirer des crédits...

© La Libre Belgique 2005