Belgique

Le front commun syndical est-il en train de se fissurer au départ des dépôts de bus wallons ? Les transports en commun régionaux subiront ce vendredi un quatrième jour de grève consécutif. Le blocage a été décrété par la CGSP, la centrale des services publics de la FGTB. La CSC et la CGSLB désapprouvent un mouvement qui n’était pas prévu dans le plan d’action décidé au niveau national. Elles dénoncent en outre un climat de menaces à l’égard leurs affiliés.

Jeudi, la tension a monté d’un cran. A Verviers, la police a dû intervenir pour séparer grévistes et non grévistes. "Les esprits s’échauffent, ça devient difficile de calmer les gens, alerte Bruno Belluz, permanent CSC. La plupart des chauffeurs voudraient travailler. Ils sont en colère contre les énergumènes qui les en empêchent. L’exaspération grandit, je crains des incidents."

Les critiques se focalisent sur le blocage de plusieurs dépôts par des piquets de la CGSP. A Liège, Charleroi et Mons, les barrières ont été fermées et des bus ont été placés en travers pour empêcher les véhicules de sortir. La CSC dénonce un procédé "scandaleux" et une grève "non démocratique". "Notre centrale représente presque 50 % des travailleurs des Tec, rétorque Claude Vickevorst, permanent CGSP. Lors de l’assemblée du personnel qui a lieu à Liège mercredi, plus de 60 % des gens ont voté pour prolonger la grève. Beaucoup ne viennent pas aux assemblées, ça fausse un vote correct, mais celui qui n’est pas là, il n’est pas là, tant pis."

Privatisation

Une réunion de crise s’est tenue à 14 heures à Namur entre la direction des Tec et les représentants des trois syndicats. L’objectif était de lancer un appel commun au calme et de permettre aux non grévistes de travailler. Les parties se sont quittées dans un certain flou, la CGSP s’engageant à "faire passer le message", sans plus de précision.

Le syndicat socialiste assume la nature politique de la grève. "Notre objectif est de faire tomber le gouvernement fédéral", lance Claude Vickevorst. "Tout ce qu’ils vont gagner en agissant comme ça, c’est la privatisation du transport public", réplique Bruno Belluz. Jusqu’à présent, les dirigeants nationaux de la CSC et de la FGTB assistent en silence à ces tirs croisés entre rouges et verts. Chaque organisation dit néanmoins soutenir la position de ses représentants aux Tec. Pour combien de temps ?