Belgique

Infrabel a lancé lundi MobiPulse, un outil de communication vis-à-vis des navetteurs sur lequel l'entreprise ferroviaire publiera désormais deux fois par jour ses chiffres de ponctualité sur les principales lignes du réseau, après les heures de pointe. 

Ce baromètre recensera aussi les temps de parcours moyens sur ces principales liaisons, avec également une comparaison indicative avec le trafic routier. "D'après nos calculs, jamais la voiture n'est plus rapide que le train et les transports en commun!", a d'ailleurs souligné le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot. MobiPulse se compose d'une carte facile à lire, actualisée chaque jour à 11h00 et 21h00, qui donne un aperçu de la ponctualité du trafic ferroviaire durant les heures de pointe matinale et vespérale. Elle recense les temps de parcours théorique et réel entre neuf grandes gares du pays (Namur, Liège, Charleroi, Mons, Tournai, Anvers-Central, Gand-Saint-Pierre, Courtrai et Hasselt) vers Bruxelles-Central pour les trajets matinaux (entre 6h00 et 9h00) et inversement le soir (de 16h00 à 19h00).

Le baromètre, disponible sur le site internet d'Infrabel, propose également le temps de parcours moyen en voiture pendant les mêmes heures pour un trajet similaire (de centre-ville à centre-ville), sur base des données de trafic de Google Maps, "afin d'objectiver le débat sur la mobilité". Le site permet aussi de connaître le coût et l'empreinte écologique de chaque trajet et donne un aperçu des principaux incidents ayant perturbé le trafic ferroviaire.

La méthode de calcul du pourcentage de ponctualité reste la même que pour celle des chiffres globaux publiés mensuellement par Infrabel, qui prennent, eux, en compte l'ensemble des gares et des trains ayant circulé durant le mois en question. La règle stipule qu'un train est considéré comme retardé s'il est en retard de six minutes ou plus à son arrivée à destination.


"Nous avions envie de communiquer de façon plus transparente sur le point noir chez nous qu'est la ponctualité en heure de pointe"

L'initiative vise à se rapprocher le plus possible de l'expérience du navetteur sur les trajets les plus utilisés. La méthodologie prend par exemple comme point de départ ou d'arrivée la gare de Bruxelles-Central afin de tenir compte de la jonction Nord-Midi et de l'effet de goulot qui s'y produit.

"Nous avions envie de communiquer de façon plus transparente sur le point noir chez nous qu'est la ponctualité en heure de pointe", explique Marie Molens, porte-parole d'Infrabel. Ce sont des données qui nous appartiennent et nous avions l'opportunité de lancer cet outil dès à présent. Mais il n'est pas figé et nous sommes ouverts à en discuter avec différents partenaires. La porte reste ouverte à la SNCB", assure-t-elle.

MobiPulse constitue un premier pas vers une politique plus ouverte concernant la communication des données de l'entreprise ferroviaire. "Il est normal qu'on offre une qualité du service où l'on sait quand va partir son train et quand on va arriver à destination", estime le ministre Bellot, qui confie avoir été interpellé par les chiffres de ponctualité à son arrivée en fonction en 2016.

"Je pense que MobiPulse pourrait aider à convaincre davantage d'automobilistes du fait que le train représente dans de nombreux cas une réelle alternative, plus rapide et moins polluante que la voiture, et ce, même si la ponctualité n'est pas parfaite. En heures de pointe vers Bruxelles, la voiture ne garantit aucune ponctualité, bien au contraire", insiste-t-il.

"Au-delà des chiffres, les deux entreprises ferroviaires doivent impérativement poursuivre leurs efforts afin d'atteindre l'objectif d'une ponctualité améliorée et ce, surtout aux heures de pointe qui concernent un plus grand nombre de navetteurs", prévient François Bellot.