Belgique

Tony Mary, le président de B Plus, - le mouvement pour le fédéralisme d’union qui réunit des personnalités et des militants dans tout le pays - passe fort peu de temps ces jours-ci en Belgique, pris par ses affaires. Mais entre deux avions, l’ancien administrateur-délégué de la VRT suit de près l’évolution de la crise.

Pour lui comme pour ses amis de cette association qui rappelle que l’union peut toujours faire la force dans la diversité dans une Belgique fédérale forte et aux antipodes de celle de papa, il est urgent de réagir.

"Plus personne ne comprend le sens de cette crise" explique Tony Mary . "Pour des petits intérêts particuliers et à court terme, d’aucuns sont prêts à tuer la poule aux œufs d’or belge. Pire encore, ceux qui nous gouvernent font preuve d’une irresponsabilité totale et nous rendent ridicules dans le reste du monde. A l’heure où l’on est loin d’être sorti de la crise économique et financière, que 4 retraités sur dix se retrouvent en dessous du seuil de pauvreté, que notre enseignement connaît une terrible crise tant au nord qu’au sud du pays et qu’il faut plus que jamais s’occuper de l’emploi, le monde politique se chamaille pour BHV et le plus grave est qu’il est parvenu à convaincre les médias et la population que c’est la question la plus importante."

Et de constater que sur les ondes publiques, son ancienne maison n’hésite pas à donner un temps d’antenne surdimensionné à la représentativité de la N-VA tout en mettant plus qu’en exergue aussi les voix les plus radicales du côté francophone. "La plupart des médias se fichent de l’éthique et de la déontologie quand on voit comment ils interpellent le monde politique."

Pour Tony Mary, une autre cause du malaise actuel est que "la Belgique manque terriblement d’hommes d’Etat. Il en reste quelques-uns mais la plupart ont dépassé les 70 ans. Et les petits jeux politiques font que de moins en moins de jeunes veulent encore s’engager."

Il y a un autre terrible mal qui guette la Belgique: "C’est l’incapacité récurrente à vouloir sinon à pouvoir conclure des compromis qui étaient surtout jadis le fruit de consensus. Mais le problème est aussi que le monde politique ne se connaît pratiquement plus; c’est tragique et il en vient à ne plus voir les réels enjeux. Prenez Bruxelles On a la chance d’avoir la capitale de l’Europe et l’Otan chez nous, mais qui est prêt à renforcer cet atout? Qui s’en soucie hors de la région centrale?"

Pour B Plus, il y a pourtant plus que jamais des raisons de croire en la Belgique "pour autant que l’on instaure un fédéralisme efficace, équilibré et mieux structuré, ce qui implique que l’on refédéralise certaines matières, mais aussi que l’on puisse en régionaliser d’autres. Il faut appliquer le principe de subsidiarité comme l’a, par exemple, fait intelligemment l’Eglise catholique "

Et Mary donc d’insister que "B Plus n’est pas un groupe de nostalgiques de la Belgique de papa qui veulent revenir en arrière, mais qu’il prône au contraire des structures plus rationnelles qui n’oublient pas la solidarité "

En attendant, le président de B Plus et ses amis estiment que le moment est venu pour les citoyens de se faire entendre. "Des études montrent qu’il y a de larges majorités en Flandre comme en Wallonie pour que l’on renforce la coopération entre Belges, mais les politiques font mine d’ignorer cette majorité silencieuse. Nous prônons ainsi que ces citoyens contactent les grands médias tant flamands que francophones pour faire savoir qu’ils veulent de nouveau rapidement un gouvernement qui solutionne BHV, règle les problèmes de tous les citoyens et préside dignement l’Union européenne à partir de juillet 2010.

Et nous les invitons aussi à participer ce jeudi 29 avril à 17h30 à Bruxelles à un rassemblement citoyen sur la place Surlet de Chokier, face à la place Madou. Une manière de se faire entendre mais pas pour y développer des thèses politiques partisanes. D’ailleurs, les seules couleurs admises lors du rassemblement seront celles du pays!"