Belgique

Vingt-huit mille enfants. Soit près de la moitié des élèves de 6e primaire de la Communauté française, leurs enseignants, directions, inspections,... ont réalisé cette semaine une grande première, en prenant part à la première épreuve externe commune certificative. Une épreuve qui ne sera obligatoire qu'en juin 2009, date à laquelle les examens interdiocésains, cantonaux ou autres feront partie de l'Histoire. Au terme de quatre matinées de passation d'examens, pour autant d'après-midi de correction, et d'une journée de délibération, l'heure est venue de tenter un premier bilan.

Les enfants d'abord

Les élèves étaient évidemment en première ligne, dans cette révolution. L'épreuve ne semble cependant pas leur avoir posé plus de problèmes que d'habitude. Certes, Etienne Minette, directeur de l'école Saint-Aubain, à Salzinnes, reconnaît que les résultats de telle petite "ne refléteront pas son potentiel exact, vu son état de stress" , mais sans doute l'examen interdiocésain suscitait-il la même nervosité. "Sur les épreuves, je dis "chapeau" pour le recentrage sur les socles de compétence. Ça avait été longtemps oublié, même s'il l'on a fait aussi appel aux compétences développées par les élèves, comme dans une question sur la météo." Martine Herphelin, directrice du Service de pilotage de l'enseignement confirme : "Cette épreuve est assez bien équilibrée, avec des questions sur les compétences d'une part, les savoirs et le savoir-faire d'autre part." Pour Philippe Rome, inspecteur cantonal à Liège : "Tant les gens du libre que du communal s'y sont retrouvés. Ils m'ont dit que le contenu des épreuves était le même qu'auparavant. Seul bémol : il semble que nos petits Liégeois avaient du mal à terminer les épreuves à temps. Il a fallu rogner sur les récrés." Même son de cloche du côté de Charleroi, où un groupe d'enseignants, tant de l'officiel que du libre, ont écrit à leur inspectrice pour lui faire savoir, selon l'un d'entre eux, que "les horaires et la répartition des examens n'était pas bonne. Quatre heures d'examens le lundi sans relever la tête alors que les deux derniers jours étaient light. Par ailleurs, si les épreuves étaient très intelligentes, elles faisaient trop systématiquement appel au savoir-lire. Un élève qui a des difficultés en compréhension à la lecture pouvait avoir des difficultés à répondre aux questions". Mais pour Arnaud Deltour, inspecteur dans le Hainaut occidental : "Les résultats sont globalement équivalents. On n'a pas plus d'échecs ou de réussites."

Et l'organisation ?

En coulisses, non plus, pas de problèmes majeurs, jusqu'ici. A l'administration centrale à Bruxelles, Arlette Vanderkelen, inspectrice générale ff, prête à répondre à la moindre sollicitation, était presque déçue d'avoir reçu si peu d'appels en provenance du terrain. Côté syndical, Michel Vrancken, patron de la CGSP-Enseignement, a entendu "des enseignants qui râlaient de devoir venir plus tôt ou de subir de longues corrections" . "Il y avait une grande diversité de situations. Il faudra affiner, normaliser, une fois le bilan tiré."

Illustration. Arnaud Deltour : "Dans mon canton de Péruwelz, il y avait déjà une culture de l'examen cantonal, même pour les écoles libres. Et sur 26 établissements, 1 seul ne s'est pas inscrit à l'épreuve commune." Du côté de Liège, par contre, Philippe Rome a compté parmi les participants seulement 5 écoles libres sur 20. "Mais nous avions tout de même une belle hétérogénéité d'écoles représentées : école Frenay (pédagogie active, NdlR) , école en immersion en néerlandais et en anglais, école en discrimination positive, enseignement spécialisé,... Et les enseignants de toutes ces écoles, qui se regardent parfois en chiens de faïence, se sont retrouvés ensemble, pleins de bonne volonté, sur les deux sites de correction. Un de mes meilleurs souvenirs."

© La Libre Belgique 2007