Belgique

Soixante-trois pour cents des Belges sont très ou assez inquiets face à la menace terroriste; 31% le sont peu ou assez peu. Parmi les “très inquiets” les Bruxellois (32%) et les Wallons (31%) sont beaucoup plus nombreux que les Flamands (21%). Voici ce qui ressort du dernier Baromètre LaLibre/RTBF/Dedicated.

Dans le nord du pays, l’inquiétude est très prégnante au sein des électeurs du Vlaams Belang (68%) mais l’est beaucoup moins chez ceux de Groen (13%). A Bruxelles, au contraire, les “très inquiets” sont surtout les ecolos (41%) et les socialistes (38%) contre respectivement 25 et 22% seulement chez Défi et au CDH. En Wallonie, la peur tenaille surtout les électeurs du PS (36%) mais ne semble pas écraser ceux du PTB (18%).

Que redoutent les citoyens? Essentiellement des attentats comme ceux du 13 novembre (57% mais 63% de Wallons). Viennent ensuite les agressions dans des lieux fréquentés par leurs enfants, les transports internationaux ou les lieux qu’ils fréquentent eux-mêmes (36, 36 et 35%). Mais 43% des Bruxellois et 40% des Wallons (contre 30% seulement des Flamands) craignent aussi l’impact de la menace sur leur vie de tous les jours.

Si 23% (mais 17% seulement en Wallonie) ne ressentent pas de menace terroriste en Belgique, 27% (30 à Bruxelles) la ressentent depuis le 13 novembre et 10% (14 en Wallonie) depuis le 11 septembre 2011. L’attentat contre le musée juif n’est une date “charnière” que pour les Bruxellois (12%).

Plus de la moitié des Belges (51%) n’ont adopté aucun comportement particulier face à la menace mais 22% (16 à Bruxelles et 26 en Wallonie) n’iront pas en vacances dans un pays sensible et 16% éviteront les quartiers à forte concentration de population immigrée; 17% des Wallons (contre 12% en moyenne) sont désormais plus méfiants à l’égard d’autrui.

Le laxisme des autorités pointé du doigt

Quelles sont les causes du phénomène de radicalisation? Pour 43% des sondés, c’est le laxisme des autorités et pour 39% la “ghettoïsation” de certains quartiers. Viennent loin derrière l’atti

tude trop tolérante de la Belgique envers les minorités (32% en Wallonie quand même) et l’exclusion économique (20%).

Quatre sondés sur dix pensent que la menace terroriste sera la même dans un an qu’aujourd’hui. C’est deux fois plus que ceux qui croient qu’elle se sera un peu ou fortement intensifiée, les plus pessimistes étant les Wallons et les électeurs du Vlaams Belang en Flandre (44%) et de Défi à Bruxelles (23%).

On lira avec fruit l’accueil que les Belges réservent aux mesures envisagées par le gouvernement pour prévenir la menace terroriste (voir infographie). 45% les jugent assez ou très satisfaisantes et 44% sont d’un avis plus mitigé. Pour 38% des sondés, elles ont permis d’éviter des attentats imminents, pour 32%, elles ont été adoptées rapidement, pour 31%, on a assisté à une union nationale et pour 30%, elles ont permis d’intercepter des individus dangereux.

Mais 37% estiment que ces actions auraient pu être prises avant, 33% (37% de Bruxellois et...44% de Wallons) jugent que des indices existants n’ont pas été correctement exploités et 24% (30% de Bruxellois) croient que les mesures décrétées vont faire mal à l’économie.

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