Belgique

Sondage de La Libre/RTBF/Dedicated sur la confiance qu'ont les Belges en leur justice et dans leurs prisons.

Le sort des détenus, on s’en fiche ? Eh bien non. Les trois quarts des sondés considèrent que la surpopulation carcérale constitue un problème “assez important”. Et même “très important” pour un Belge sur trois (33 %).

On rencontre cette préoccupation dans les trois Régions du pays même si elle est un peu plus marquée à Bruxelles (où les trois prisons existantes sont toutes vétustes et surpeuplées). En Flandre, on relativise peut-être un peu la gravité du problème, mais il est reconnu.

Empathie des femmes et des aînés

Pour un citoyen sur cinq (20 %), en revanche, que les détenus s’entassent à plusieurs dans une cellule minuscule n’est pas vraiment (14 %) ou absolument pas (6 %) problématique. Ici encore, pas de distinction sensible entre les régions. Les Wallons s’affichent légèrement plus insensibles que les Flamands.

L’empathie des femmes avec les prisonniers est plus nette (78 %) que celle des hommes. Seules 3 % d’entre elles ne voient aucun souci à la surpopulation carcérale, contre 8 % des hommes.

Les aînés (au-delà de 55 ans) sont les plus attentifs aux conditions des détenus (80 %).

Priorité : des peines alternatives

Pour lutter contre la surpopulation carcérale, que faudrait-il faire prioritairement ? Là où le gouvernement répond par un Masterplan III qui vise, d’abord, à créer de nouvelles prisons, les sondés sont plus d’un tiers (34 %) à privilégier le développement de peines alternatives (bracelets électroniques, peines de travail ou d’intérêt général, etc.) qui leur semblent être une meilleure solution.

C’est surtout vrai pour les Bruxellois (42 %) et les Wallons (38 %). Mais cela reste aussi la priorité des Flamands (30 %).

Construire de nouvelles prisons

La construction de nouveaux établissements pénitentiaires est envisagée comme deuxième piste par un bon quart des sondés (28 %). Les Wallons (30 %) semblant les plus convaincus que cela va dégorger les prisons, avant les Flamands (27 %) et les Bruxellois (25 %).

Mais pour éviter que les prisons soient bondées, il faudrait aussi ne pas incarcérer certaines catégories de délinquants, comme les toxicomanes et les personnes irresponsables de leurs actes, juge près d’un sondé sur cinq (19 %).

Ici, ce sont les sondés flamands qui sont les plus enclins à trouver d’autres solutions que la privation de liberté (22 %), avant les Bruxellois (19 %).

Les Wallons (14 %) ont, eux, nettement moins de scrupules à recourir à la prison pour ce type de contrevenants.

La prison n’est pas la réponse à tout

On peut aussi déduire des solutions proposées que plus de la moitié des sondés (53 %, soit ceux qui prônent des mesures alternatives et ceux qui estiment qu’il ne faut pas incarcérer certains délinquants) considèrent que la prison n’est pas une réponse ajustée à la délinquance, avec des scores équivalents en Flandre et en Wallonie (52 %) mais une opinion plus tranchée à Bruxelles (61 %).

Le réflexe sécuritaire, selon lequel la privation de liberté serait la sanction la plus adaptée quand un individu ne respecte pas les règles et les lois, ne semble donc pas dominer dans l’opinion publique. Les responsables chargés de définir la politique d’exécution des peines feraient bien de s’en inspirer.



Fiche technique du sondage La Libre/RTBF/Dedicated

Le sondage a été réalisé entre le 31 mai et le 6 juin 2016. Les 1.032 répondants ont été sélectionnés dans notre panel en ligne, comprenant plus de 100.000 internautes belges, dans le respect de quotas sur les principaux critères sociodémographiques (province, genre, âge, actifs/non-actifs). L'enquête s'est déroulée par internet : il s'agit donc d'un questionnaire dit "auto-administré". La majorité des questions a été de type « fermé », c’est à dire avec pré-codage des modalités de réponses possibles. Les réponses ont donc été majoritairement de type « assisté ».