Belgique

Le président de la N-VA Bart De Wever a exclu dimanche le Rafale et la prolongation des F-16 des options à étudier en vue du remplacement des avions de chasse de la Défense. M. De Wever participait dimanche à un débat des présidents de parti sur la VRT. Le Premier ministre Charles Michel avait rappelé à l'ordre vendredi le ministre de la N-VA Steven Vandeput après que ce dernier eut exclu l'offre française dans des déclarations à la presse.

M. Michel avait expliqué il y a dix jours que le gouvernement étudierait les arguments en faveur d'une prolongation des F-16 actuels, les offres introduites dans le cadre de l'appel d'offres lancé le 17 mars - soit le F-35 du groupe américain Lockheed Martin et l'Eurofighter Typhoon du consortium européen Eurofighter -, mais aussi les informations transmises par le gouvernement français dans le cadre de la proposition de partenariat stratégique, formulée hors appel d'offres. Cette proposition repose sur l'acquisition du Rafale du groupe Dassault et la participation de la Belgique au développement d'un avion de combat franco-allemand.

"L'avion de combat français Rafale n'est pas un bon plan, il n'est pas suffisamment performant pour notre défense. La prolongation des F-16 est exclue également", a indiqué dimanche Bart De Wever. "3,4 milliards pour un appareil qui permet de ne rien faire, cela n'a aucun sens", a-t-il lâché.

Maintenant la ligne qui fut la sienne il y a dix jours et vendredi dernier, le Premier ministre Charles Michel a répété dimanche que la décision sera prise au gouvernement sur la base d'informations objectives. "La procédure décidée au gouvernement sera respectée et les décisions seront prises au gouvernement sur la base d'informations objectives et nulle part ailleurs", a indiqué le cabinet du Premier ministre interrogé par l'agence BELGA.

Pour l'opposition, la sortie de M. De Wever mine en revanche la crédibilité du chef du gouvernement. Pour le président du sp.a John Crombez, qui participait également au débat de la VRT, ce que dit Bart De Wever à Charles Michel c'est qu'il est "le patron mais qu'il peut aller se faire voir". Selon la cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck, Bart De Wever "s'en fout royalement" et considère le Rafale "comme trop francophone et trop européen". Sur Twitter, elle a égratigné un "refus d'examiner ce dossier de manière strictement objective", une situation qu'elle a qualifiée de "très dérangeante". Le député cdH Georges Dallemagne évoque une "nouvelle gifle particulièrement cinglante à l'égard du premier ministre Charles Michel, du MR et d'un partenaire de la Belgique tel que la France". Jugeant son propos "choquant pour les intérêts stratégiques de la Belgique", M. Dallemagne raille Bart De Wever, "devenu, en plus de tout le reste, aviateur, qui a étudié les 3.000 pages de l'offre française". Le député cdH s'interroge surtout sur ce que signifie ce geste à plus long terme: "ne s'agit-il pas d'une stratégie du sabotage de l'exécutif fédéral qui deviendrait aux yeux de la N-VA ingouvernable avec des partis francophones?", s'interroge-t-il.

Pour le chef de groupe PS à la Chambre Ahmed Laaouej, "le boss de la NVA et donc du gouvernement a parlé". Notant que Charles Michel disait pourtant le contraire il y a quelques jours, il estime sur Twitter que "ça devient guignolesque".