Belgique

Le début de la semaine politique aura donc été marqué par la publication des résultats de notre baromètre politique "La Libre-RTL", lequel, pour mémoire, traduisait une chute assez sévère du PS et du CDH. Quant à la fin de la semaine, elle devrait être, aux dires du président de la N-VA (en progrès dans le sondage), "importante" car des propositions de solutions seront déposées par l’informateur Wouter Beke. Voyons cela.

Tandis qu’au CDH, les retombées du baromètre s’inscrivent dans un processus déjà entamé par la désignation du futur président Benoît Lutgen, au PS, on estime que le recul assez sévère enregistré par les socialistes, en Wallonie et à Bruxelles, était attendu. Pour plusieurs raisons.

Le résultat du PS dans les derniers sondages paraissait surévalué. En effet, il y a trois mois, le MR se débattait encore dans une situation un peu chaotique et les écologistes n’étaient pas très présents. Depuis lors, les libéraux ont un président "full time" et le parti semble avoir repris du poil de la bête. Cela se traduit dans le sondage, en Wallonie et à Bruxelles. Quant aux écologistes, il est bien possible qu’ils recueillent les dividendes de leur opposition au nucléaire, après la catastrophe de Fukushima.

Les résultats, en Flandre, laissent les francophones perplexes. Il faut dire que la N-VA est quasiment le seul parti négociateur qui soit en progrès. Et Bart De Wever améliore encore son immense popularité. Un négociateur note : "Visiblement, les gens sont lassés. Bart De Wever l’a bien compris. Il ne joue plus dans le registre politique mais bien dans l’émotionnel. Sa popularité ne tient plus tant à ses faits d’armes politiques mais bien à ce qu’il est et ce qu’il fait dans les médias flamands". Intéressant. Mais il faut souligner que le président du PS, Elio Di Rupo, profite lui aussi de ces facteurs, lui qui n’hésite pas à jouer sur les deux tableaux : politique et people

Malgré cela, dans les états-majors francophones, on s’interroge. Que veulent finalement les citoyens francophones ? Que les partis du Sud soient plus radicaux dans leurs exigences, quitte à bloquer les négociations ? Ou qu’ils se soumettent aux revendications des partis du Nord ? Pas facile à savoir, même si un récent sondage indiquait que 75% des francophones jugeaient "excessives" les prétentions institutionnelles flamandes.

Sur le plan politique, le président de la N-VA a dit s’attendre à une semaine ‘importante". "Je ne vais pas faire le procès du PS mais si des propositions avec des solutions sont sur la table, tout le monde doit se montrer ouvert à leur égard", a-t-il précisé, un rien mystérieux. Jeudi, l’informateur doit, en effet, présenter un nouveau rapport intermédiaire au Roi. Pour s’y préparer, il a rencontré MM. De Wever et Di Rupo. Et le président du PS a partagé les résultats de cette rencontre avec l’ensemble des présidents francophones, Joëlle Milquet, Jean-Michel Javaux et Charles Michel. Des présidents que l’on dit plus unis que jamais. La suite ? Une nouvelle date symbolique s’annonce : le 26 avril. Cela ne vous dit rien ? Le 26 avril 2010, Alexander De Croo faisait exploser la majorité. C’est aussi à cette date que la N-VA a posé son ultimatum : 26 avril 2011. Quant à savoir où nous en serons le 26 avril 2012