Belgique

Dans le cadre d'une exposition destinée à commémorer les 50 ans de l'Expo '58, la ville de Malines est à la recherche de personnes en mesure d'effacer les représentations de l'Atomium sur les reproductions d'une série de photos de l'Expo '58. Cette initiative annoncée vendredi par le bourgmestre de Malines, Bart Somers n'est pas du tout du goût du directeur de l'asbl Atomium, Henri Simons qui s'est dit "scandalisé" par la démarche. La SABAM estime que cette démarche pourrait elle-même enfreindre la réglementation.

La ville dirigée par le président de l'Open VLD a décidé d'organiser sa propre exposition du 21 juin au 14 septembre prochains, tandis qu'une exposition et d'autres manifestations seront organisées d'ici quelques jours sur le site même de l'Expo '58 dont l'Atomium est le vestige le plus marquant.

Un site internet a été créé en vue de l'exposition malinoise. Le visiteur est invité à y envoyer des souvenirs personnels de l'exposition universelle. Le monument-phare de l'Expo '58 y figure vraisemblablement très souvent. A quelques exceptions près, son image ne peut toutefois pas être utilisée sans s'acquitter des droits d'auteurs.

Présentant cette exposition, le bourgmestre de Malines Bart Somers a lancé, vendredi, un appel à l'attention de "photoshoppers" qui seraient en mesure d'effacer l'image de l'Atomium de ces documents amateurs avant de les mettre sur le site internet annonçant l'événement culturel. Il entend ainsi organiser de manière ludique une "guerila culturelle" contre les droits d'auteurs élevés qui sont exigés en cas de diffusion de reproductions de l'édifice-monument d'André Waterkezyn. Interrogé par Belga, le directeur de l'asbl Atomium s'est dit scandalisé par cette démarché fondée sur une erreur selon lui de taille dans la mesure où les droits d'auteurs ne sont pas exigibles sur les photos amateurs.

"Mais pour que l'erreur fût évitée, encore eut-il fallu se donner la peine de contacter l'asbl qui gère les droits au profit de la famille Waterkeyn ou la SABAM, ce qui n'a pas été fait. Dans le cas contraire, nous ne leur aurions pas interdit d'exposer gratuitement de telles photos sur le site. Ce manque de sérieux est inquiétant pour la gestion de Malines et du parti libéral flamand", a affirmé Henri Simons. Derrière cette démarche, le directeur de l'Atomium voit plutôt un coup publicitaire en faveur d'une exposition organisée deux mois après le début des manifestations et rétrospectives de l'Expo '58 prévues sur place.

Du côté de la SABAM, on confirme n'avoir reçu aucune demande officielle d'information du centre culturel de Malines au sujet des droits d'auteur à payer pour la reproduction de photos de l'Atomium. Selon Thierry Dachelet, directeur de la Communication de la Société qui collecte et redistribue les droits d'auteurs, ceux-ci ne sont pas exigés lorsque l'image de l'Atomium est utilisée dans le cadre de l'annonce d'une actualité telles qu'une exposition concernant le monument.

Par contre, il est à espérer que les organisateurs de l'exposition auront veillé à ce que les photographes amateurs aient bien cédé leurs droits, a-t-il dit en substance. La démarche malinoise soulève elle-même une autre question de légalité dans la mesure où l'on ne peut transformer d'initiative une photo. "Pour tirer cela au clair, il suffit de s'adresser à la SABAM, qui gère les droits dans le cadre d'un mandat", a-t-il enfin dit.