Belgique

Bertrand Sassoye (50 ans) est réputé le n°2 des CCC. Mais il a parfois donné l'impression de les diriger autant que Pierre Carette. Comme lui, en tout cas, il n'a jamais varié dans ses certitudes "révolutionnaires". Peu après sa libération, le 10 juillet 2000, il déclarait, se répétant en 2003 et en 2006 dans la presse : "Je n'ai rien renié de mes opinions politiques. Je reste marxiste-léniniste [...] et convaincu de la nécessité d'une révolution, d'une lutte armée en Belgique, d'une prise du pouvoir par la violence". Devenu garçon de café, à Bruxelles, il a toujours maintenu qu'il faut une "dictature du prolétariat. Un système à parti unique, avec une vie démocratique à l'intérieur".

Au procès de 1988, un psychiatre avait ainsi résumé l'analyse qu'il faisait de Sassoye, lequel a toujours été soutenu par l' "Association des parents et amis des prisonniers communistes", dont son père était un membre actif : "Un illuminé, dans le sens où il brûle d'une lumière intérieure. Une espèce de croyant". Dont chacun, il est vrai, s'accorde à reconnaître la sincérité.

"Ce n'est pas en restant dans les limites du système qu'on en sortira. Le système, on le subit ou on le combat. Ras-la-tasse d'organiser des fancy-fairs, cela ne sert à rien...", lançait-il encore. De là à faire exploser des bombes ? La remarque ne le touche pas, il a d'autres modèles : la Commune de Paris, la Révolution d'octobre, la révolution culturelle en Chine.

Quant aux regrets, c'est surtout d'avoir commis une erreur tactique qu'il s'agissait dans sa bouche, même après ses 14,5 années de prison : "On a eu tendance à enfiler les attentats comme des perles sur un collier, en négligeant l'action politique à côté". Et les ennemis sont restés les mêmes : "Les banques, les holdings, l'armée américaine, l'Otan, le gouvernement, la bourgeoisie".