Belgique

Les députés francophones bruxellois réunis vendredi en séance plénière ont adopté la proposition de motion en conflit d'intérêts sur Bruxelles-Hal-Vilvorde à l'unanimité des 62 membres présents.

Le texte sera transmis à la Chambre et au Comité de concertation réunissant les représentants du gouvernement fédéral et des entités fédérées.

En bloquant ainsi le vote de la proposition de loi flamande visant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, durant 4 mois, cette démarche des députés francophones de la Région-capitale donne un bois de rallonge à la majorité fédérale pour tenter de trouver une solution par la voie de la négociation.

Les députés bruxellois francophones se sont prêtés à ce jeu de procédure de bonne grâce à l'égard des francophones de la périphérie. Mais ils ont jugé particulièrement "grave" d'avoir à l'activer parce qu'une communauté a été jusqu'à engager un vote contre l'autre, est-il clairement ressorti des interventions des quatre chefs de groupe du parlement bruxellois francophone, qui avait bousculé son ordre du jour ordinaire vendredi matin.

Caroline Persoons (MR) a parlé d'un acte d'une "gravité sans précédent".

"Imaginez que nous utilisions cette loi du nombre au parlement bruxellois (ndlr: où les néerlandophones sont minoritaires)... Les représentants des bruxellois francophones sont réunis aujourd'hui presque à la demande des flamands qui reconnaissent ainsi que la CoCof est une institution pleine et entière et que Bruxelles est majoritairement francophone", a-t-elle notamment fait observer.

Pour la députée MR, il faut que les francophones marquent les bases de leur avenir, pour les bruxellois francophones et pour les francophones de la périphérie et de Fourons.

Pour André du Bus de Warnaffe (cdH), la motion en conflit d'intérêts ne constitue pas un beau combat. "Circulez, il n'y a rien à voir, aujourd'hui ; gardez votre pellicule pour les enjeux relatifs aux personnes lourdement handicapées, pour la formation de nos 20 pc de chômeurs, pour le soutien aux familles, la santé et la lutte contre la toxicomanie, autant de domaines où la CoCof existe", a-t-il lancé à l'attention des médias, assistant, pour une fois, en nombre à la séance plénière du jour.

Dans les rangs écologistes, tant le président de l'assemblée Christos Doulkeridis que le chef de groupe Dominique Braeckman ont insisté sur leur volonté de mettre fin aux "jeux ridicules" et "d'éviter que ne se délitent encore les conditions de vivre ensemble entre les communautés et les gens du pays".

Pour le chef du groupe socialiste Anne-Sylvie Mouzon, les francophones sont bien gentils de tenter, encore une fois, de calmer le jeu. Selon elle, cela fait des années que les partis flamands "concoctent entre eux des réformes institutionnelles sans se soucier de savoir si les francophones peuvent les accepter et chauffent à blanc l'opinion publique flamande contre les Wallons, contre les Bruxellois et contre la Belgique".

D'après la députée PS, qui l'a largement emporté à l'applaudimètre, "les partis flamands ne contrôlent plus la machine" et demandent aux francophones, de voter d'une motion en conflit d'intérêts pour s'en sortir.

"Soyons clairs! Le vote de cette nuit à la Chambre est celui de députés flamands partagés entre le souhait de faire sécession, et celui, plus cynique, de ne conserver la Belgique que pour l'exploiter au profit essentiel de la Flandre. Il est grand temps que cela cesse", a-t-elle conclu.