Belgique

Oui, il faut éviter une crise politique sur BHV. Oui, il faut tout faire pour réussir cette négociation parce que l’urgence n’est pas institutionnelle mais bien sociale et économique. Et parce que la Belgique a sans doute l’occasion de redorer son image internationale en exerçant une brillante présidence de l’Union européenne.

Ce côté raisonnable ne doit cependant pas pousser les francophones à accepter tout et n’importe quoi, sous prétexte que le pays serait en danger en cas de crise.

Car toutes les informations le confirment : les compensations promises aux francophones en échange de la scission de BHV sont beaucoup trop légères face au désagrément que représentera la mise à mort du dernier lien entre le Nord et le Sud.

On connaît la technique utilisée par les Flamands : ils ont contourné des lois en édictant des circulaires contestées par les francophones. Et aujourd’hui, les francophones devraient "payer" pour neutraliser ces circulaires. Un peu fort, non? Les mêmes partis flamands, non contents de nier le simple respect de la démocratie - qui voudrait que les 3 bourgmestres soient nommés - s’apprêtent à réclamer des compensations pour que les protections dont bénéficient les francophones dans les 6 communes à facilités soient bétonnées. Mais ces facilités ont déjà été bétonnées et rebétonnées dix fois. Oui, il faut éviter le chaos. Mais il faut aussi, surtout, faire respecter les droits, les lois et se faire respecter. Sinon, dans 5 ans, il faudra à nouveau "payer" ce qui a été négocié.