Belgique

Le premier conseil communal de la nouvelle mandature a été fidèle à l'image de Binche-la-politique : chahuté, survolté même et rythmé par des tensions continues. Le vote sur les deux pactes de majorité - l'un présenté par le PS et le MR, l'autre par la majorité sortante Union - a eu lieu. Oui, mais ... Le résultat est de 15 voix pour chacun, puisqu'un élu socialiste, Philippe Labar, n'a pu prêter serment et donc siéger.

Devant une assistance qui venait de huer bruyamment ou applaudir en surenchère l'arrivée de Marie-Rose Trézegnies (la transfuge d'Union qui a permis l'alliance PS-MR), le bourgmestre sortant, André Navez (Union), a joué les contrastes d'ambiance.

Dans l'atmosphère surchauffée de la salle du conseil et sur la Grand-Place, il a jeté un froid en annonçant que Philippe Labar ne pouvait prêter serment à cause d'un problème d'incompatibilité lié à ses fonctions d'enseignant dans l'entité. L'intéressé, médusé, a remis sa démission en séance et Laurent Devin (photo), candidat-bourgmestre (PS), s'est levé pour rappeler à André Navez que celui-ci avait reçu les documents de l'élu en séance du collège. "Monsieur Navez, vous avez posé un acte intentionnel" à déclaré Laurent Devin.

Le leader d'Union a demandé à plusieurs reprises à la police d'expulser Philippe Labar, qui est resté calme et s'est tenu aux côtés du public jusqu'à la fin de la séance.

Le PS et le MR, échaudés par l'incident de lundi soir, ont remis un écrit au secrétaire communal faisant fonction pour demander la convocation d'un conseil le 15 décembre à 20 heures. Selon le haut fonctionnaire, tout problème de délai pour que le collège communal statue sur le dossier administratif de Philippe Labar devrait désormais être écarté.

© La Libre Belgique 2006