Belgique

Pour Catherine Fonck, il y a un "déséquilibre inacceptable" dans le plan de délestage, et annonce des corrections sur celui-ci.

La secrétaire d'Etat à l'Energie Catherine Fonck a annoncé vendredi dans un communiqué une solution au problème de "déséquilibre" entre le nord et le sud du pays dans le plan de délestage prévu en cas de pénurie d'électricité. Un professeur d'université avait soulevé il y a quelques jours un problème communautaire dans le plan de délestage prévu par Elia au détriment de la partie francophone. A la suite de l'émoi suscité par ce témoignage, la secrétaire d'Etat a demandé un rapport à Elia.

"Les premiers éléments du rapport demandé par la Secrétaire d'Etat Catherine Fonck à Elia sur le plan de délestage font apparaître un déséquilibre au niveau géographique", a confirmé vendredi son cabinet.

Pour Catherine Fonck, "ce différentiel n'est absolument pas acceptable". Une solution devait donc être trouvée pour cet hiver dans les limites du plan de délestage actuel.

La solution trouvée pour cet hiver prévoit de diviser en deux zones A et B les zones sud-ouest et sud-est du pays. Seules les zones A seront délestées, si nécessaire, lors de la première activation de tranche. Les zones B le seront lors de la deuxième activation. Pour les autres zones géographiques, rien ne change.



Cette carte reprend les tranches prévues dans le plan de délestage électrique du plan fédéral.

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Dorénavant, lors de chaque tranche, on pourra délester 4% de la charge de la zone nord-ouest, 3,5% de la zone nord-est, au nord du pays, 5% de la zone centre (Bruxelles et environ), 4% de la zone sud-ouest (8% dans le plan Elia controversé) et 4,2% de la zone sud-est (8,4% dans le plan Elia controversé).

La nouvelle répartition de l'effort ne modifie en rien la liste des cabines délestées ou non et leur localisation par tranche, a précisé la secrétaire d'Etat. Elle ne porte pas non plus atteinte au travail de cartographie et aux efforts déjà entrepris par les autorités provinciales et communales.

Elia a confirmé l'adaptation du plan dont elle a assuré la légalité après que certains observateurs l'eurent mise en doute.

"Les procédures d'exécution du plan de délestage sont légales. Cependant Elia reconnaît que si ces procédures respectent les différents critères présents dans l'arrêté ministériel établissant le plan de délestage, elles peuvent être améliorées pour respecter davantage le critère indicatif et non restrictif figurant au point 4.2 de cet arrêté selon lequel les puissances de délestage par sous-zone électrique devraient s'établir à pratiquement 5% de la consommation de ces zones", a communiqué le gestionnaire de réseaux.

Elia réévaluera la situation à la sortie de l'hiver en vue d'éventuelles nouvelles améliorations.

Ecolo réagit

Ecolo-Groen a réfuté vendredi cette grille d'analyse. "Contrairement à ce que le gouvernement a prétendu, le plan présenté le 3 septembre dernier ne respecte pas l'arrêté ministériel", a jugé le chef de groupe Kristof Calvo. Son collègue Jean-Marc Nollet évoque un "revirement" et une "manière de gérer le dossier digne d'un 'football panique'". Mais "pour les citoyens, malheureusement, c'est le chaos", observe-t-il.

Les Verts exigent que chaque ménage puisse être en mesure de savoir "individuellement" et "rapidement" dans quelle zone et dans quelle tranche il se trouve. Ils attendent du gouvernement une "communication claire" lors du débat mardi en Commission de la Chambre en présence de la secrétaire d'Etat.

Eneco va préparer un "kit de survie"

Le producteur d'électricité verte Eneco va distribuer "un kit de survie" à ses clients pour faire face à un éventuel black-out cet hiver. Selon un porte-parole de l'entreprise, le colis envoyé aux clients contiendra des "solutions pratiques et directes". La société n'a pas voulu donner plus de détails. Les colis seront envoyés jusqu'à "épuisement des stocks".

Eneco dispose en Belgique d'une part de marché de 7% avec 310.000 connexions particulières et 5.000 entreprises clientes.

Par ailleurs, Eneco estime que les négociateurs fédéraux font "de manière simpliste la part belle à l'énergie nucléaire dans leur politique énergétique".

"La proposition de garder les centrales Doel 1 et Doel 2 plus longtemps en activité est peut-être une mesure échappatoire à court terme mais elle n'est absolument pas une réponse structurelle au problème de la sécurité d'approvisionnement à long terme. En dépit des informations négatives de ces dernières semaines et de ces derniers mois, l'on croit encore dur comme fer en l'importance de l'énergie nucléaire pour notre approvisionnement en énergie. Les importants dommages aux réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 ainsi que la récente panne de Doel 4 remettent gravement leur fiabilité en question. Nos voisins planchent depuis des années déjà sur le développement de paysages énergétiques intelligents", souligne Eneco.

Pour Eneco, la mise à l'arrêt des trois réacteurs nucléaires devrait être l'opportunité "pour le développement d'une politique énergétique exhaustive" et "dans laquelle les différents acteurs du paysage de l'énergie ainsi que toutes les solutions possibles en la matière sont impliqués".