Belgique

Ils avaient bloqué l'autoroute E40. La chambre du conseil estime l'entrave méchante à la circulation établie.

Tout le monde s’en souvient : le 19 octobre 2015, la FGTB avait mené une grande action de grève dans la province de Liège.

Profitant de la grève du rail, le syndicat socialiste avait pris les navetteurs en otages, bloquant les accès aux principaux zonings industriels. Dès l’aube de ce lundi noir, plusieurs centaines de manifestants avaient également barré l’autoroute A602 (la descente sur Liège), mais aussi l’autoroute E40, à hauteur du pont de Herstal.

Là, les sympathisants de la FGTB avaient commis des dégradations pour un préjudice de plus de 130.000 euros. Leur action avait aussi bloqué un médecin qui devait se rendre d’urgence à l’hôpital de Hermalle-sous-Argenteau. Une touriste danoise devait y être opérée dans les plus brefs délais. Elle ne l’avait été que tardivement et n’avait pas survécu…

Le ministre wallon chargé des Travaux publics, Maxime Prévot (CDH), avait déposé une plainte contre X, au nom de la Région wallonne, pour les dégradations sur l’autoroute et l’entrave méchante à la circulation.

Ces deux dossiers judiciaires ont été confiés au même magistrat instructeur, Mme Viviane Joliet. Logique puisque les personnes qui ont bloqué l’autoroute empêchant le médecin de passer sont probablement les mêmes que celles qui ont mis le feu au matériel et dégradé la chaussée.

Il y a quelques semaines, Mme Joliet a clos son dossier et l’a transmis au parquet. Et, si le magistrat instructeur n’a inculpé personne, la volonté du parquet de Liège n’est pas de classer le dossier sans suite, loin de là…

En effet l’enquête a permis d’identifier formellement 17 personnes qui se trouvaient à Herstal et qui n’ont pas pu nier y être. Il faut dire que les enquêteurs se sont appuyés sur des constatations dressées par des policiers sur place au moment des faits, mais également sur des images de télévision qui avaient été saisies par la justice.

La volonté du parquet est donc de poursuivre ces 17 personnes devant le tribunal correctionnel de Liège et ce, pour entrave méchante à la circulation.

Concernant la plainte de Maxime Prévot, le parquet liégeois ne tiendrait en revanche pas la même logique et prônerait le non-lieu, les incendiaires et autres vandales n’ayant pas été formellement identifiés.

Les responsables syndicaux de la FGTB censés encadrer la manifestation sont, eux aussi, inquiétés. En effet le parquet de Liège demandait le renvoi en correctionnelle d’Antoine Fanara, le secrétaire régional de la FGTB-Métal qui a été formellement identifié comme étant présent sur le pont.

Le secrétaire général de la FGTB, Thierry Bodson, qui se trouvait également sur place fait aussi partie des personnes visées par le réquisitoire du parquet liégeois.

Ce mercredi, tous ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel. Ils ont toutefois l'opportunité de faire appel devant la chambre des Mises en accusation.