Belgique

Le docteur Grégory Schmit, expert légiste, a confirmé, mercredi, devant la cour d'assises de Bruxelles, que l'ensemble des constatations plaidaient en faveur d'une asphyxie mécanique. Bouchra Farih, une jeune femme de 20 ans, est accusée du meurtre de son petit frère, Soufiane, 4 ans, commis le 1er juillet 2015 à Berchem-Sainte-Agathe. "Les lésions aux poumons, les pétéchies autour des yeux et le sillon linéaire autour du cou forment un ensemble d'éléments témoin d'un mécanisme d'asphyxie mécanique, soit une strangulation par lien dans le cas présent", a affirmé le docteur Schmit.

Ce dernier a ensuite été confronté au témoignage du médecin urgentiste selon lequel le "sillon de pendaison" aurait pu être causé par le lien du masque respiratoire.

"J'ai du mal à croire que c'est ce lien qui a provoqué cette trace. Par ailleurs, il n'explique pas la présence de l'empreinte rectangulaire au milieu du sillon", a répondu l'expert légiste.

"Le lien mesure 1 centimètre, comme la trace relevée", a précisé Me Catherine Toussaint, conseil de la défense. "Par ailleurs, la maman a pris son enfant dans ses bras lorsque les urgentistes lui ont dit qu'il était décédé. Et elle l'a serré très fort contre elle. Madame portait un foulard attaché par une broche. Est-ce qu'en serrant l'enfant contre elle, cette broche a pu marquer la peau de l'enfant?", a questionné l'avocate, ce à quoi le médecin a répondu que c'était possible.

Ce dernier a également admis, sur questions des jurés, que les pétéchies oculaires pouvaient apparaître dans d'autres cas que lors d'une strangulation mécanique, notamment lors d'une réanimation cardio-vasculaire.

Le médecin a encore affirmé que l'autopsie et les examens complémentaires ont permis d'exclure d'autres causes, notamment un décès suite à une maladie cardiaque, à une maladie respiratoire, au syndrome de mort subite ou encore à une intoxication.

Le 1er juillet 2015 vers 16h00, Bouchra Farih avait appelé une voisine l'informant que son frère, Soufiane, était inerte dans un fauteuil, dans la maison de leurs parents à Berchem-Sainte-Agathe.

Les secours avaient été appelés et, une fois sur place, avaient tenté de réanimer l'enfant de 4 ans. Mais son décès avait été prononcé une heure plus tard.

La justice a estimé que le décès était suspect et a entamé une enquête. Notamment, le corps du petit garçon présentait des lésions pouvant suggérer qu'il avait été étranglé.

Mais d'autres rapports médicaux ultérieurs ont affirmé que d'autres causes de la mort étaient plausibles, comme une déficience respiratoire ou une crise d'épilepsie.

La grande sœur, Bouchra Farih, a été inculpée de meurtre mais elle a toujours nié être impliquée dans le décès de son petit frère.

Selon l'enquête, une des hypothèses serait que l'accusée s'en soit prise à celui-ci parce que, le jour des faits, ses parents lui avaient demandé de le garder alors qu'elle avait rendez-vous avec son petit ami, un jeune homme avec qui elle entretenait une relation fusionnelle, cachée à son père.

L'enfant aurait donc été tué parce qu'il empêchait le rendez-vous d'avoir lieu ou parce qu'il menaçait de révéler à ses parents la relation de sa grande sœur.

Par ailleurs, l'enquête a révélé que le 15 juin 2015, le petit Soufiane avait déjà fait un malaise lorsqu'il se trouvait seul avec sa grande sœur au domicile parental.

Le procès se poursuivra jeudi avec le réquisitoire et les plaidoiries de la défense.