Belgique

Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles a rejeté lundi, en audience publique, la demande de Marc Dutroux à pouvoir bénéficier d'un bracelet électronique, soulignant "l'absence de perspective de réinsertion sociale". Marc Dutroux avait introduit sa demande le 4 février devant le TAP de Bruxelles pour pouvoir purger sa peine à domicile, sous surveillance électronique. La surveillance électronique peut être autorisée pour autant qu'il n'existe pas de contre-indications, a précisé le TAP dans sa décision.

Marc Dutroux n'a toutefois pas présenté "de plan de réinsertion complet et finalisé". Il n'a en outre pas démontré que "l'octroi d'une permission de sortie lui permettrait de trouver un logement". Le ministère public et la direction de la prison de Nivelles avaient également remis un avis négatif au TAP.

Marc Dutroux pourra introduire une nouvelle demande de surveillance électronique le 15 février 2014, a précisé le TAP. Le TAP a par ailleurs ajouté que les familles des victimes n'auraient pas accès au dossier et que la question préjudicielle, demandée par les avocats du père et du frère d'Eefje Lambrecks, ne serait pas posée à la Cour constitutionnelle. Les avocats estiment que la procédure de demande de surveillance électronique viole le droit des victimes: leurs clients n'ont pas accès au dossier, contrairement à Marc Dutroux.

Une demande de congé pénitentiaire introduite par Marc Dutroux avait été refusée le 16 janvier par la direction générale des établissements pénitentiaires. Une éventuelle libération conditionnelle pourrait en théorie avoir lieu le 30 avril prochain.

Quatre problèmes

La demande de libération de Marc Dutroux rencontre principalement quatre problèmes. Le premier est relatif à sa réinsertion professionnelle. Marc Dutroux aurait avoué à des amis qu'il est conscient qu'aucun employeur ne voudrait l'engager. Il voudrait dès lors devenir plombier ou carrossier indépendant. Le rapport que le parquet et la direction de la prison de Nivelles ont remis au TAP estime que cette ambition n'est pas réaliste étant donné son manque de formation.

Marc Dutroux n'aurait également nulle part où loger. Un ami à lui, un artiste anversois de 76 ans, lui avait proposé de venir vivre chez lui mais s'est entre-temps rétracté.

Le rapport souligne encore qu'il existe un risque réel qu'il importune ses victimes étant donné son manque de compassion à leur égard. Les journaux Sudpresse rapportent qu'il a déclaré avoir "traité les petites avec humanité".

Enfin, il existerait également un risque de récidive dans le chef du détenu, indiquent les avis du parquet et de la prison.

Jean Lambrecks soulagé et satisfait de la décision

Jean Lambrecks, le père d'Eefje, s'est montré lundi soulagé et satisfait que le tribunal de l'application des peines (TAP) ait refusé de libérer Marc Dutroux sous surveillance électronique. Une demande de congé pénitentiaire a également été rejetée. "Cela correspond à nos attentes et à nos espérances", a-t-il déclaré. Le TAP a rejeté les demandes de Marc Dutroux car aucun plan concret de reclassement n'a pu être présenté, pas plus qu'une perspective de réintégration. "Je suis content de ce jugement", a déclaré Jean Lambrecks à l'issue de l'audience. "Cela correspond à nos attentes et à nos espérances. La crainte qu'il puisse sortir existait. Par ailleurs, l'importante attention portée par la presse et l'opinion publique montre bien que le sujet n'est toujours pas anodin, et cela nous met du baume au coeur."

L'avocat de Marc Dutroux "prend acte"

L'avocat de Marc Dutroux, Pierre Deutsch, "prend acte" de la décision du tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles, a-t-il indiqué lundi à l'agence de presse Belga. L'avocat n'a cependant pas donné d'informations supplémentaires sur d'éventuelles futures demandes de libération conditionnelle ou de détention limitée pour son client. Le TAP de Bruxelles a refusé lundi la demande de Marc Dutroux à pouvoir bénéficier d'un bracelet électronique en raison de l'absence de perspectives de réinsertion sociale. L'avocat de Marc Dutroux n'a cependant pas encore pris connaissance des motivations du tribunal. "Ses jugements sont généralement bien motivés et bien rendus", a-t-il néanmoins précisé.

Maître Pierre Deutsch n'a pas non plus donné d'informations supplémentaires sur les futures procédures concernant son client, évoquant le secret professionnel. Une éventuelle demande de libération conditionnelle pourrait en théorie avoir lieu le 30 avril prochain, après que le détenu ait purgé un tiers de sa peine. Marc Dutroux a également la possibilité d'introduire une demande de détention limitée. Il pourrait ainsi aménager sa peine en ne retournant en prison que le soir et le week-end, par exemple.

L'avocat de Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez, Me Georges Henri Beauthier, a déclaré, à propos de la décision du TAP, qu'"un non-évènement n'amène aucun commentaire".