Brèves
L'idée ne date pas d'hier. Etienne de Callataÿ la défend fermement : "Si on continue à travailler, on cotise au lieu de percevoir. Réformer les pensions, c'est améliorer les finances publiques, mais aussi offrir des perspectives de croissance." Le combat syndical pour empêcher le relèvement de l'âge de la pension, afin de laisser la place aux jeunes, ne serait dès lors pas justifié ? "Pas du tout. Les compétences ne sont pas interchangeables. Une personne de 60 ans qui part à la retraite n'a peut-être pas les talents informatiques du jeune gars de 25 ans, mais il se souvient de comment on a traité tel problème avec tel client il y a dix ans. Il a des compétences spécifiques qui disparaissent s'il part à la retraite. Il y a un tas de métiers en pénurie, notamment dans l'enseignement, et à côté de cela, des gens de 58 ans restent chez eux, payés pour ne plus enseigner. C'est dingue !"
- Publié le 16-03-2013 à 04h15
Pensions : travailler plus longtemps
L'idée ne date pas d'hier. Etienne de Callataÿ la défend fermement : "Si on continue à travailler, on cotise au lieu de percevoir. Réformer les pensions, c'est améliorer les finances publiques, mais aussi offrir des perspectives de croissance." Le combat syndical pour empêcher le relèvement de l'âge de la pension, afin de laisser la place aux jeunes, ne serait dès lors pas justifié ? "Pas du tout. Les compétences ne sont pas interchangeables. Une personne de 60 ans qui part à la retraite n'a peut-être pas les talents informatiques du jeune gars de 25 ans, mais il se souvient de comment on a traité tel problème avec tel client il y a dix ans. Il a des compétences spécifiques qui disparaissent s'il part à la retraite. Il y a un tas de métiers en pénurie, notamment dans l'enseignement, et à côté de cela, des gens de 58 ans restent chez eux, payés pour ne plus enseigner. C'est dingue !"
Chômage : faut-il indemniser le philosophe ?
Etienne de Callataÿ a également des idées concernant le droit au chômage. "Pourquoi faut-il indemniser le philosophe ou le sociologue ? Osons porter le débat. D'un côté, le gamin qui n'a pas eu la chance de faire des études doit accepter à peu près n'importe quel boulot, et s'il refuse, il ne reçoit pas d'indemnités. De l'autre, on considère qu'il n'est pas convenable d'offrir à un sociologue (c'est un exemple) un emploi qui ne demanderait pas de qualifications. On comprend la logique : ce serait absurde d'avoir investi pour rien dans sa formation. Mais la notion d'emploi convenable est perverse : un tas de gens choisissent de ne pas se former dans les filières en pénurie mais bien dans celles où il y a surabondance. J'ai un problème avec le nombre de journalistes que l'on forme chaque année. Il n'est pas juste que la collectivité, en ce compris des gens qui ne gagnent pas bien leur vie, voit ses impôts financer des formations qui ne serviront à rien. Il faudrait reposer la question de l'emploi convenable, et de la formation. On pourrait imaginer que les filières en pénurie fassent l'objet d'un minerval réduit et celles en sureffectif d'un minerval majoré."
Santé : faut-il rembourser la prothèse de hanche à 85 ans ?
"La norme de croissance du budget des soins de santé vient d'être rabaissée à 2,5 %, entame Philippe Ledent. Très bien. Mais quand la croissance économique est si faible (proche de zéro), c'est intenable. Alors, soit on doit financer autrement la sécurité sociale, soit il faut couper dans les dépenses. Il y a sans doute des gains d'efficacité à aller chercher. Je suis par exemple sidéré de voir que c'est dans la santé et l'action sociale qu'on crée le plus d'emploi. C'est intenable." Etienne de Callataÿ ne le contredira pas. Volontiers provocateur, il affirme qu'il faut "faire des choix". "Faut-il rembourser la prothèse de hanche d'une personne de plus de 85 ans ?, demande-t-il. Avec cet argent, on pourrait soulager davantage de peines ailleurs. On ferait mieux de développer la prévention, notamment du burn out. Je ne dis pas qu'il faut euthanasier les personnes âgées, mais puisque le financement de la Sécu renchérit le coût du travail (via les cotisations sociales), détruit de l'emploi et crée du chômage, ce qui a d'ailleurs un impact sur la cohésion sociale et la santé (on sait que les chômeurs ont plus de problèmes de santé), il faut tout faire pour qu'il y ait plus d'emploi, y compris des choses a priori pas sympas." L. G.
