Belgique

Prise de pouls. “La Libre” a commandité un sondage où une série de questions claires concernant l’actualité politique de cette fin d’année a été posée. Les réponses sont singulières – notamment sur le volet communautaire.

1 Regrettez-vous le départ d’Herman Van Rompuy du poste de Premier ministre ? Moins de la moitié des personnes interrogées (40 %) disent effectivement regretter le départ du responsable CD&V vers le Conseil européen. Herman Van Rompuy, qui est resté un peu moins d’une année en poste au “16” rue de la Loi, est regretté par 58 % des Wallons interrogés. En Flandre, un tiers (32 %) des sondés indiquent regretter le départ d’Herman Van Rompuy. Les Flamands sont une majorité (46 %) à ne pas regretter le départ du Brabançon flamand vers le Juste Lipse. Un résultat logique : Herman Van Rompuy, perçu comme assez consensuel par les francophones sur le dossier communautaire, était vu comme un rempart contre certains assauts flamands à l’encontre des francophones…

2 Que pensez-vous d’Yves Leterme comme Premier ministre ? Plus d’un Belge sur deux dit ne pas avoir confiance en Yves Leterme comme Premier ministre : 51 % des personnes interrogées disent ne pas avoir confiance dans le nouveau locataire du “16” rue de la Loi. L’indice de confiance en Yves Leterme est le plus bas en Région bruxelloise (16 %), suivi de la Wallonie (19 %) et de la Flandre (30 %). Le revenant Yves Leterme aura donc fort à faire pour prouver – y compris au sein de sa région d’origine – qu’il est à sa place…

3 Didier Reynders aurait-il dû être désigné Premier ministre ? A la question de savoir si le libéral francophone aurait dû accéder au “16” lors du départ de Van Rompuy, le “non” est catégorique puisque 71 % des personnes interrogées jugent que Didier Reynders ne devait pas devenir Premier ministre. En Wallonie, le “non” au patron du Mouvement réformateur est de 64 % tandis qu’en Flandre, il atteint 82 %. Ajoutons que ce cas de figure ne s’est pas clairement présenté puisque le CD&V, le PS et le CDH étaient hostiles à l’accession de Reynders au “16”.

4 Que pensez-vous du dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde ? Plein feu sur le communautaire. C’est la surprise du chef : à peine 35 % des Flamands jugent le dossier de la scission de l’arrondissement bilingue de BHV “prioritaire”; 40 % des Flamands estiment ce dossier qui empoisonne la vie politique belge depuis des années, “secondaire”; et 26 % l’estiment “sans intérêt”. Ce brûlot, actuellement entre les mains du plombier CD&V Jean-Luc Dehaene, n’est marqué “prioritaire” que par 15 % des Wallons et 22 % des Bruxellois. Le fossé entre l’énergie et le temps investis pour résoudre ce différend flamando-francophone et l’intérêt qu’y porte la population est donc énorme. Dit platement, les Belges n’en ont pas grand-chose à cirer, de la scission de BHV…

5 Faut-il scinder BHV ? A la question de savoir si la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde est “souhaitable”, une différence marquée apparaît cette fois entre les deux communautés. Une large majorité des Flamands (58 %) se prononcent en faveur d’une scission (sans ou avec conditions). Les Wallons et Bruxellois sont 45 % et 42 % à estimer non souhaitable que cet arrondissement de BHV soit scindé.

© La Libre Belgique 2009