Belgique

Des réactions flamandes, vous disiez? Editorialistes et hommes politiques ne se bousculaient pas vendredi pour réagir aux propos musclés d'Yves Leterme à nos confrères de «Libération».

L'intéressé lui-même a tenu à nuancer ses propos: ainsi, il n'aurait par exemple jamais parlé du piètre bilinguisme du Roi, mais bien de celui de «personnes dans l'entourage royal». Le journaliste Jean Quatremer affirme pourtant que l'entretien a bel et bien été relu et approuvé par le cabinet Leterme. Pour le reste, les considérations sur les capacités intellectuelles des francophones se voulaient ironiques mais sur le fond, le ministre-Président flamand persiste et signe.

Seuls trois quotidiens flamands consacraient vendredi leur éditorial aux propos d'Yves Leterme et à leur impact. Pour la «Gazet van Antwerpen», «au-delà de l'ironie, les propos d'Yves Leterme contiennent beaucoup de bon sens.» Pour l'éditorialiste Luc Rademakers, «le meilleur moyen d'apprendre une langue étrangère, c'est de se mettre dans le bain », mais «pour les francophones qui sont venus habiter dans les communes à facilités, l'immersion s'est arrêtée là.» Même son de cloche dans le «Nieuwsblad», où Peter De Backer évoque sa première rencontre avec Elio Di Rupo, «bombardé vice-Premier, il y a treize ans», et qui lui avait alors «promis d'apprendre le néerlandais dans les trois mois», ainsi que dans le «Belang van Limburg».

Hoezo un district fédéral?

Si le «pas de commentaire» prévalait vendredi aux états-majors du SP.A et du VLD, les propos d'Yves Leterme sur l'avenir de la Région bruxelloise ont par contre fait bondir certains responsables bruxellois flamands. Pour Guy Vanhengel, ministre VLD, cité par le «Soir», «l'idée d'un district international est une mauvaise idée... Croire que certaines institutions étrangères s'impliqueront dans l'organisation de cette ville, ce n'est pas réaliste... Dans tous les cas de figure, Bruxelles a intérêt à se gérer elle-même!»

Le socialiste flamand Pascal Smet renchérit: «Le district international? Je doute qu'il sache ce que cela veut dire. Si l'on prenait le modèle de Washington DC, cela signifierait que chaque ordonnance votée au parlement bruxellois devrait être soumise dans les trente ou soixante jours au veto du parlement européen, puis du président de la Commission européenne. Cela signifie aussi que Bruxelles devrait devenir indépendante. Les Flamands et les Wallons n'auraient plus rien à dire.»

Enfin, Georges De Smul et Lieve Lippens, deux membres du CD&V qui figurent sur la liste CAP Woluwe pour les prochaines élections communales à Woluwe-Saint-Lambert, ont encore tenu à se désolidariser vendredi des propos tenus par Yves Leterme, CD&V lui aussi.

© La Libre Belgique 2006