Belgique

Très souvent cité en exemple, le système scolaire finlandais continue de susciter l’intérêt des acteurs de l’éducation dans le monde entier, notamment au sein de nombreux pays européens. La Belgique en fait partie.

C’est pourquoi, le 22 octobre dernier, les associations de parents de l’enseignement officiel (Fapeo), le centre d’action laïque (Cal) ainsi que le centre d’étude et de défense de l’école publique (Cedep) ont organisé une rencontre avec Claude Anttila, enseignante et experte du système éducatif finlandais. Avec, comme problématique du jour, "la formation initiale des enseignants et les raisons du succès finlandais".

Faut-il le rappeler, la Finlande figure dans le "Top 3" des pays les mieux placés au dernier classement PISA de 2009, soit ces études menées tous les trois ans par l’OCDE et visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres.

Mais si elle partage le peloton de tête avec la Chine et la Corée de Sud, la Finlande est à mille lieues d’appliquer en son sein un système éducatif "autoritariste". Que du contraire. C’est précisément son esprit d’ouverture et son élan avant-gardiste qui en font un modèle pour les pays voisins.

"Avec quarante ans de recul, nous sommes aujourd’hui en mesure d’expliquer ce qui fait le succès du système scolaire dans notre pays, déclare Claude Anttila. La continuité de notre enseignement, le climat de confiance présent à tous les niveaux, la haute qualification des enseignants ainsi que l’âge de début de scolarité sont des éléments cruciaux qui contribuent d irectement à la qualité de notre enseignement" , poursuit-elle.

Ceci étant, encore faut-il savoir en quoi consiste le système scolaire finlandais. Jusque dans le courant des années 70, l’enseignement en Finlande fonctionnait globalement "comme dans les autres pays" (NdlR : des écoles non mixtes, un accueil à la petite enfance, une école primaire obligatoire gratuite et un enseignement secondaire payant).

A partir de 1970, cet enseignement "va complètement changer". Un tronc commun est instauré, soit neuf années d’enseignement fondamental pour tous regroupant le cycle primaire et le collège et ce, sans redoublement possible. "Neuf années générales sans filière, ni séparation pour tous les enfants du pays âgés de 7 à 16 ans" , décrit l’experte.

Car, élément crucial à souligner, la scolarité obligatoire en Finlande ne commence qu’à l’âge de 7 ans, "âge à partir duquel on estime que ce qui est appris sera acquis pour la vie", clarifie Claude Anttila. Avant cet âge, l’enfant va à la crèche, puis suit un enseignement dit "préscolaire" d’une année au cours de laquelle il est interdit d’apprendre à lire ou à écrire. " Il s’agit là d’une an née ludique qui prépare à l’école, mais qui n’est pas encore l’école" , insiste l’intervenante.

A cette année préscolaire et à ce tronc commun de neuf années d’enseignement fondamental, vous ajoutez encore une dixième année facultative, disponible pour les élèves "moins brillants" désireux d’améliorer leur moyenne finale afin de pouvoir entrer au lycée (16-18 ans) ou dans un établissement d’enseignement professionnel. "Ils ne redoublent pas, mais on leur fait un emploi du temps à la carte pour amé liorer une, deux ou trois matières." C onséquence positive de cette revalorisation de la formation professionnelle, la moitié des élèves se dirige vers le lycée, l’autre vers le professionnel. "Nous avons donc atteint une situation de parfait équilibre à ce niveau-là" , se félicite Claude Anttila.

Parallèlement à l’âge de début de scolarité et au tronc commun, la gratuité totale de la scolarité obligatoire (fournitures, repas chauds, transports, sorties de classes, voyages d’études ), ainsi que la présence systématique et gratuite dans chaque école d’enseignants spécialisés pour les élèves "qui ont besoin d’aide", sont également deux autres éléments qui interviennent de façon positive dans le taux élevé de réussite scolaire en Finlande.

Enfin, si le climat de confiance entre la Direction nationale de l’enseignement et les écoles qui dépendent directement des communes contribue grandement à un enseignement de qualité, la formation universitaire des enseignants "reste un des éléments les plus authentiques justifiant la réussite actuelle du système éducatif finlandais", conclut l’experte (voir Epinglé ci-contre).