Belgique

La candidate soutenue par l'appareil du parti, Caroline Gennez, 32 ans, chef de groupe au Parlement flamand, a obtenu 66,4 pc des voix. Le challenger, Erik De Bruyn, 48 ans, fonctionnaire à la ville d'Anvers, syndicaliste FGTB et membre de SP.A Rood, l'aile gauche autoproclamée du parti, en a rassemblé 33,6 pc. Tous deux se présentaient avec un candidat à la vice-présidence. La première avec Dirk Van der Maelen, chef de groupe à la Chambre, qui jouit d'un large crédit, y compris au sein de l'aile gauche du parti. Le second avec une ravissante inconnue, Elke Heirman : de quoi brouiller quelque peu les cartes.

C'est un peu l'histoire de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Deux tiers des voix, c'est bien plus que les majorités dont ont pu se prévaloir en leur temps Bart Somers ou (on l'avait un peu oublié) Jo Vandeurzen, présidents actuels respectivement de l'Open VLD et du CD & V. Mais pour le SP.A, cette "présidentielle" à deux candidats est une première, le parti sort d'une lourde défaite électorale, est déjà mentalement dans l'opposition, et, en interne, la révolte gronde. Le ton même du congrès de dimanche tranchait avec ce qu'on avait pu voir ces dernières années. Pas de clips vidéo, pas de virgules musicales qui en jettent, mais une multitude d'orateurs venus le plus souvent à Anvers depuis d'obscures sections locales. Pour dire quoi ? Deux grandes tendances se dégageaient dimanche.

D'abord un paradoxe : tous sont d'accord pour dire qu'il y a eu un déficit démocratique au SP.A ces dernières années. Trop de bonnes paroles et de décisions distillées à la base par les hautes instances. Mais en même temps la crainte est bien là "de se tromper d'ennemi", comme l'ont dit plusieurs orateurs, en affichant d'incessantes divisions internes à l'extérieur. Un peu, mais personne ne le dira, le spectre de l'annus horribilis du VLD en 2003-2004.

Et puis, deuxième tendance, un retour aux valeurs traditionnelles du socialisme : ne pas perdre le contact avec la FGTB, ne pas accepter que l'on touche à la solidarité (y compris avec les francophones), s'occuper de ce qui touche les gens au quotidien (et pas de la réforme de l'Etat). Le cartel avec Spirit est clairement remis en question par certains, avec approbation de la salle.

Enfin, discours de clôture de la femme du jour sous forme de flingage de la future orange bleue, qui sera "un gouvernement dur et froid", sous la direction d'un Yves Leterme "qui avait cru être capable de marcher sur les eaux après le 10 juin".