Belgique L'ex-Président de la Fédération PS de Charleroi l'avait traitée de "salope" dans un discours.


48 heures après l'insulte sexiste d'Eric Massin dans son discours du 1er mai à Charleroi, où Caroline Taquin (MR) s'est vue traitée de "rosse" et de "salope", la bourgmestre de Courcelles a décidé de porter plainte pour injure, calomnie et diffamation, ainsi que pour propos sexistes dans l'espace public.

Eric Massin, alors Président de la Fédération PS, a démissionné un jour après les faits. "Il a fait ce qu'il avait à faire", avait simplement commenté la bourgmestre insultée et choquée.

Sauf que ce jeudi, elle s'est rendue au commissariat vers 13 heures pour déposer plainte. "J'ai pris le temps de la réflexion sur l'action à mener", nous dit-elle. "Et je dépose plainte contre Eric Massin. Si je le fais, c'est uniquement pour réclamer le dommage moral, en Belgique on parle souvent d'un euro symbolique. Ce que je souhaite surtout, c'est qu'il y ait une prise de conscience de sa part, et que ce genre de propos inacceptables et inexcusables ne se banalise pas." 

Lisez en sous-titre ce que déclarait déjà plus tôt Denis Ducarme, le Président de la Fédération MR du Hainaut: s'il doit y avoir des sanctions politiques au-delà de sa démission, elles doivent venir du PS, pas de la justice.

"Quand je vois les réactions des gens, je me rends compte qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire..." déplore Caroline Taquin . "J'ai écouté le débat sur Vivacité par exemple, entendre que c'est juste une insulte, que je ne sais pas prendre les attaques, que la politique n'est pas un monde de bisounours ou encore que j'essaye de récupérer l'affaire, ça me met hors de moi. Je sais bien que ce n'est pas un monde de bisounours, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut tout accepter et tout laisser passer."

Et de renchérir: "il est député, il vote des lois. Il ne peut pas se permettre l'excuse du: 'faites ce que je dis, pas ce que je fais', il doit appliquer les lois qu'il a lui-même votées, notamment celle contre le sexisme en 2014. Surtout qu'ici, c'est extrait d'un discours officiel, l'insulte est dite dans une longue phrase, mûrement réfléchie."