Belgique

Après quatre ans et demi, le cartel CD&V/N-VA, qui avait fait la pluie (surtout) et le beau temps dans le paysage politique belge n'est plus et celui-ci s'en trouve bouleversé.

Premiers grands perdants, les protagonistes de l'aventure eux-mêmes. L'ex-cartel n'a plus que 26,3 pc d'intentions de vote en tout alors qu'avant l'été, il flirtait encore avec les 30 points à 29,6 pc. Outre le fait que l'addition des deux scores ne signifie désormais plus rien, c'est leur plus mauvais score cumulé depuis trois ans.

A 20,5pc, le CD&V redevient un parti comme les autres, ce qui s'est d'ailleurs déjà concrétisé : il n'a plus que 3 représentants au sein du gouvernement flamand, ni plus ni moins que les libéraux et que les socialistes, ces derniers toujours en cartel.

A 5,8 pc, la N-VA revient presque à la case départ : elle voit à nouveau - comme avant 2004 - son existence même remise en question. En plus, elle est désormais concurrencée sur son terrain par un parti trois fois plus gros qu'elle : la Lijst Dedecker. Un pourcent de moins lors des prochaines élections et elle pourra dire adieu à sa représentation parlementaire. Bart De Wever peut commencer à se poser des questions.

C'est bel et bien la Lijst Dedecker qui tire les marrons du feu. Créée début 2007, elle n'était créditée que de 2 pc d'intentions de vote avant les élections fédérales. Elle en avait raflé 6,5. En juin dernier, elle était au-dessus de 10 pc. Aujourd'hui elle est à 15,4 pc ! Où le parti de Jean-Marie Dedecker s'arrêtera-t-il ?

Il passe en tout cas symboliquement au-dessus du Vlaams Belang. Le parti de Filip Dewinter est en baisse continue depuis deux ans. Il n'occupe plus désormais que la cinquième place, à plus de 10 points de son maximum, et les défections (on devine au profit de qui...) pourraient reprendre de plus belle.

En comparaison, les autres partis paraissent bien stables.

Le SP.A - ou plutôt le cartel SP.A/VlPro - affiche un score identique à celui des élections de juin 2007. On imagine que ce statu quo ne contentera personne chez les socialistes flamands. Ceux-ci sont en quête de renouveau depuis plus d'un an, mais c'est un exercice difficile quand on est dans l'opposition au fédéral et dans la majorité en Flandre et à Bruxelles. De plus, la question de la prolongation de l'alliance avec VlPro (anciennement : Spirit) reste posée.

Groen ! s'en sort mieux, en termes d'évolution, mais reste loin des scores réalisés par le parti frère Ecolo au sud. 6,8 pc c'est le meilleur score des verts flamands depuis deux ans mais c'est toujours bien trop peu pour peser sur le débat.

Quid dans tout cela des libéraux flamands ? L'Open VLD progresse de 1 pc par rapport à notre précédent sondage mais ne fait jamais que revenir grosso modo à son score des dernières élections fédérales.

Le parti de Guy Verhofstadt qui fut longtemps l'homme malade du paysage politique flamand en paraît désormais l'élément le plus stable mais ne renoue pas pour autant avec ses scores des années arc-en-ciel. Ses 18,4 pc lui suffisent quand même pour occuper la deuxième place, plus très loin du CD&V.

En fait, après une longue période de consolidation, le paysage politique flamand redevient morcelé avec cinq formations de taille relativement comparable (dans les 15-20 pc) dont quatre peuvent espérer un jour participer au pouvoir.