Belgique

La chambre du conseil de Bruxelles, qui examinait lundi le dossier de la catastrophe ferroviaire de Buizingen du 15 février 2010, rendra sa décision vendredi sur le renvoi des trois suspects, soit le conducteur de train, Infrabel et la SNCB, ont annoncé les avocats concernés par l'affaire. Lors des plaidoiries, l'ensemble des parties se sont accordées pour que le dossier soit renvoyé vers le tribunal de police. Un procès pourrait encore débuter en juin mais la défense du conducteur a indiqué qu'elle demanderait immédiatement un changement de la langue de la procédure, vers le français. Le 15 février 2010, un train L en direction de Braine-le-Comte et un train IC au départ de Quiévrain, à destination de Liège-Guillemins, étaient entrés en collision à hauteur de Buizingen. L'accident avait causé la mort de 19 personnes et fait au moins 310 blessés, dont 11 grièvement.

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête judiciaire, reprise ensuite par le parquet de Hal-Vilvorde. L'enquête a révélé que le conducteur du train avait franchi un feu rouge. L'homme a toujours nié sa responsabilité dans l'accident mais un doute subsisterait sur sa version des faits après l'analyse des éléments de conduite et de la signalisation. Le parquet veut désormais poursuivre le conducteur du train, la SNCB et Infrabel.

"Le rapport du juge d'instruction démontre clairement une négligence dans la sécurité des rames et de l'infrastructure ferroviaire", estime Anita Mahy, victime de la catastrophe et présidente de l'ASBL "Catastrophe Ferroviaire Buizingen: Plus Jamais". "Il ressort également que le conducteur de train poursuivi est aussi en partie victime. Il a seulement exécuté ce qui avait été décidé plus haut."

Les avocats du conducteur, Me Dimitri de Béco et Me Antoine Chomé, ont annoncé qu'ils souhaitaient que le procès se déroule en français.

"Le procès pourrait encore se tenir en juin devant le tribunal de police de Hal", ont-ils déclaré. "Nous allons immédiatement demander un changement de langue. La plus grosse partie du dossier a déjà été traduite en français."