Ce jeudi, levez le pied ou souriez aux radars

L. SA. Publié le - Mis à jour le

Belgique Le marathon contre la vitesse excessive débute ce jeudi pour une durée de 24 h.

Les amateurs de vitesse sont dans le collimateur des agents de police. Une colossale opération de contrôle est programmée ce jeudi sur les routes belges. Policiers locaux et fédéraux vont travailler main dans la main pour couvrir l’ensemble du réseau, des autoroutes aux voiries secondaires. Ce marathon contre la vitesse excessive sera mené sur 24 heures.

La police fédérale continue de faire planer le doute sur la date de cette journée. Mais l’information a fuité il y a quelques jours : cette fameuse journée aura lieu jeudi.

Cette campagne est unique par l’ampleur des effectifs et moyens déployés. Mais aussi par l’implication des citoyens. Pour la première fois, ils ont été sollicités à grande échelle pour participer à la lutte aux excès de vitesse.

Via le site développé par l’IBSR www.jeflasheaussi.be, les Belges ont été invités à mentionner les endroits où ils souhaitaient voir des contrôles. Chaque demande devait être motivée. Par exemple, en mentionnant que l’axe pointé était situé à proximité d’une école ou d’une plaine de jeux.

En l’espace de 11 jours, entre le 31 mars et le 10 avril, pas moins de 51.767 suggestions de points de contrôle ont ainsi été enregistrées sur le site Internet. "On ne s’attendait pas à pareil succès" , s’est réjoui le porte-parole de l’IBSR, Benoît Godart. "Le but principal est d’impliquer le citoyen dans la sécurité routière."

L’engouement n’a cependant pas été homogène sur l’ensemble du pays. Une majorité de points signalés se trouvent sur le territoire flamand.

Reste que les services de police doivent aujourd’hui faire face au succès de cet appel aux citoyens. "Les données recueillies par l’IBSR ont été transmises aux 124 zones de police participantes. Chaque demande est actuellement analysée en tenant compte des motivations les accompagnant. Les policiers décideront s’il est possible techniquement et opportun d’effectuer un contrôle de vitesse à l’endroit proposé" , a expliqué la porte-parole de la police fédérale, Tine Hollevoet.

Pour rappel, la vitesse excessive ou inadaptée est la cause d’un tiers des accidents avec lésions corporelles et représente une des causes principales des accidents graves et mortels.


"Je trouve ça profondément débile"

Le principe du site Internet jeflasheaussi.be a largement été critiqué par certains experts en communication.

“Je trouve ça profondément débile. Je peux comprendre l’idée de vouloir sensibiliser. Cette campagne de sensibilisation devient une campagne d’autojustice. On en arrive à un concept de justice qui n’est pas celle-là. Ça déforce l’autorité publique, c’est à elle de montrer les zones dangereuses. Ça donne un message à la population qui est un message facile. C’est assez contre-productif, malgré le succès” , a notamment déclaré Alain Raviart dans On refait le monde sur RTL.

La police fédérale n’a pas tardé à répliquer. “Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion. Le but était de donner la possibilité aux personnes de signaler les lieux qu’elles trouvaient problématiques en termes de vitesse. Le but n’est pas de faire un record de flashs ce jour-là. Mais bien de faire parler les citoyens du problème de la vitesse et d’ouvrir le débat. Et je pense que nous avons réussi. Le rôle de la police n’est pas seulement répressif, il est aussi préventif !” , a déclaré la porte-parole de la police fédérale Tine Hollevoet.

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