Belgique

Alors que le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken, a accusé lundi la famille serbe enfermée au 127bis d'avoir "abusé des procédures" pour retarder son rapatriement, son avocate, Me Riad, réagit en accusant les autorités belges d'avoir choisi "de prolonger inutilement la maltraitance des enfants". 

Cette famille, une mère et quatre enfants, a été la première envoyée dans l'une des unités familiales du 127bis de Steenokkerzeel. Selon l'arrêté entré en vigueur pendant l'été, les familles ne peuvent être détenues dans ces unités que durant deux semaines renouvelables.

Le rapatriement n'ayant pu se dérouler dans les 28 jours qui ont suivi l'arrivée, la famille Breischa est transférée dans une maison de retour, ouverte. Une nouvelle perturbation pour les enfants que regrette le délégué aux droits de l'Enfant.

Le secrétaire d'Etat N-VA a immédiatement affirmé que "l'impossibilité d'éloigner la famille dans le délai prévu" était "due uniquement à son entêtement". "Elle a abusé des procédures existantes pour introduire une demande d'asile au nom des enfants", a-t-il déclaré. Le Commissariat général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) a répondu par la négative à cette nouvelle demande et un recours a été introduit au dernier jour du délai, nouvel "abus" aux yeux de Theo Francken.

Du côté du conseil de la famille, on se défend d'avoir "joué la montre". "Lorsque la maman est arrivée en Belgique, elle était âgée de 16 ans. Les enfants n'étaient pas encore nés. Lors de sa demande d'asile, le risque pour les enfants n'a donc bien évidemment pas été examiné." 

La mère de famille a donc souhaité un examen du risque de discriminations ou persécutions en cas de retour en Serbie, alors même que ses enfants n'ont aucun lien avec le pays et ne parlent pas le serbe, selon l'avocate. 

"La crainte de la famille par rapport à un retour en Serbie est appuyée par de nombreux rapports concernant la situation des enfants roms", rappelle Me Riad, ajoutant que "la Belgique a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour le renvoi d'enfants roms en Serbie".

Pour l'avocate, c'est l'Office des étrangers qui a abusé des procédures. "La famille a été maintenue en centre fermé au-delà du délai légal de deux semaines et sans tenir compte de l'avis alarmant du pédiatre. La détention a été prolongée alors même que l'Office des étrangers savait qu'une demande d'asile justifiée avait été introduite et que la famille était dès lors inexpulsable", conclut-elle.

Le délai de maintien dans la maison de retour est de deux mois. La famille y recevra un accompagnement en vue du rapatriement.