Ces routes wallonnes que personne ne veut payer

Frédéric Chardon Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le gouvernement wallon voudrait bien lancer rapidement une série de travaux routiers qu’il juge essentiels. Il s’agit, par exemple, d’améliorer l’accessibilité au parc Pairi-Daiza au départ de la N56, de réaliser le contournement de Tubize (liaison Clabecq-A8), ou encore de réaliser le contournement nord de Wavre notamment en vue de régler les problèmes de mobilité liés au développement de l’entreprise pharmaceutique GSK (pour le détail des projets les plus coûteux, lire ci-contre).

Au total, cette petite vingtaine de dossiers va coûter 80 millions d’euros, selon une note du ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH), adressée à ses collègues de l’exécutif régional. Problème : en ces temps d’économies drastiques dans les finances publiques, qui va payer l’addition ? Apparemment, pas la Région wallonne directement. En effet, Carlo Di Antonio propose dans sa note de passer par la Société de financement complémentaire des infrastructures (Sofico), c’est-à-dire la société publique régionale chargée de gérer 1 200 km d’autoroutes et 600 km de routes régionales stratégiques 2X2 bandes (soit 52,3 % du trafic routier de Wallonie). Les chantiers liés à cette mission de la Sofico ont été définis dans le "Plan routes" (ou "Masterplan") qui prévoit l’investissement de 500 millions d’euros HTVA sur plus de 300 sites.

Mais, voilà, la Sofico ne veut pas supporter cette charge supplémentaire sans compensation financière apportée par la Région wallonne et la société publique l’a dit au gouvernement à plusieurs reprises. D’ailleurs, Carlo Di Antonio le reconnaît : "Le conseil d’administration de la Sofico a réitéré son souhait de ne pas voir le programme spécial de réhabilitation du réseau structurant être utilisé pour aborder le cas de nouvelles infrastructures", explique le document transmis aux cabinets ministériels régionaux et dont nous avons eu copie.

Qu’à cela ne tienne : il semble que le ministre des Travaux publics veuille forcer les choses "Bien que non repris dans le Masterplan de la Sofico, ces projets sont essentiels entre autres au développement de l’économie, à la rationalisation de l’offre hospitalière (plusieurs hôpitaux sont concernés par les projets, NdlR) et à la mobilité au sens large. Dès lors, il importe de mettre en œuvre une solution de financement pour ces projets en marge du Masterplan de la Sofico."

A la Sofico, les gestionnaires grincent des dents face à cette menace financière. Elle ne devrait toutefois pas s’abattre de suite sur la société publique car la note de Carlo Di Antonio a été récemment bloquée lors d’une réunion intercabinets en raison de ce financement incertain Au cabinet Di Antonio, on dément le fait que le dossier soit bloqué. " Le dossier fait l’objet de négociations pour le préciser , confie la porte-parole du ministre. Il n’y a pas de blocage et certainement pas de blocage lié au mode de financement de ces travaux routiers. "

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