Belgique

Une maman, victime de la politique "Adult Only" de l'établissement, crie sa colère sur les réseaux sociaux. Le patron n'en démord pas : "avant, les enfants se tenaient bien au restaurant, faisaient des coloriages. Mais les temps ont beaucoup changé..."

Fien est en colère. Cette maman flamande a vécu, ce mercredi, une expérience particulière alors qu'elle flânait sur la digue de Nieuwport : une brasserie lui a tout simplement refusé l'accès à son établissement. Une bête à poils un peu trop envahissante ? Nenni. Elle était simplement accompagnée de son... enfant, Maren. 

"Cet après-midi, je disposais d'une heure en tête-à-tête avec Maren", témoigne la maman, sur son profil Facebook, dans un post déjà partagé près de 30.000 fois. La météo étant au rendez-vous, la maman et son petit bout sont vite pris d'une "envie de se faire une petite terrasse sur la digue." Leur choix s'arrête sur la brasserie Sir Charles, à Nieuwport. "Il restait une table pour deux personnes. Je m'installe. Là, la serveuse me dit : 'pas d'enfants admis...' Moi : 'Pardon, c'est une blague ? 'Non, le patron a décidé de ne plus autoriser les enfants'..." Fien est sous le choc. Scrute la présence d'une éventuelle caméra cachée. Mais il s'agit bien de la politique de l'établissement... Qui fait énormément réagir sur les réseaux.

Le patron assume pleinement

Le patron du Sir Charles, Noël Brossé, assume pleinement. C'est depuis la fin août qu'il a décidé d'apposer l'écriteau controversé "Adult Only" sur sa devanture. Nos confrères d'Het Laastste Nieuws l'ont interrogé : "par le passé, les enfants étaient plus sages. Ils se tenaient bien au restaurant, avaient un cahier à colorier et savaient qu'il fallait rester calme lorsque les grandes personnes discutaient. Mais les temps ont beaucoup changé", déplore-t-il.

"J'en avais réellement marre. Je me faisais insulter deux à trois fois par jour parce que je demandais gentiment de ne pas sauter avec des chaussures sales sur mes chaises ou de ne pas couper mes coussins... J'ai acheté des sièges neufs à 420 euros pièce et, franchement, ce n'est pas avec un coca et une glace que je paye ces chaises....Il m'est déjà arrivé à quatre reprises d'être agressé parce que j'ai simplement demandé à ces enfants d'être un peu respectueux. En plus, les enfants sont si bruyants qu'ils font fuir ma clientèle. Je vise un public plus âgé, qui me rapporte beaucoup plus que ces enfants", poursuit le restaurateur, en toute franchise.

Qui refuse toutefois que son propos soit considéré comme anti-enfants stricto sensu : "Ne me comprenez pas mal: ce n'est pas la faute des enfants. Ils sont parfois très bruyants, mais les parents ne font plus attention à eux et sont toujours occupés avec leur smartphone. Des familles se baladent toute la journée sur la digue et leurs enfants sont crevés. C'est normal qu'ils deviennent difficiles au restaurant. Mais ce n'est pas pour ça que je dois l'accepter. Je ne comprends pas toute cette agitation car personne n'est obligé de venir ici. Beaucoup m'ont déjà dit qu'ils venaient au Sir Charles pour la tranquillité."

"Il faut respecter la liberté de l'entrepreneur"

De son côté, Horeca Vlaanderen qualifie cette pratique de discutable mais certainement pas d'interdite. "Il faut respecter la liberté de l'entrepreneur", indique Matthias De Caluwe, le président de l'organisation. "Chacun a la liberté de faire comme il l'entend pour que son commerce fonctionne le mieux possible. Et doit, ensuite, vivre avec les conséquences de cette décision."