Belgique Christian Van Eyken (Défi) répond de l’assassinat de l’ex-mari de sa collaboratrice et compagne.

Les deux dossiers se chevaucheront. C’est ce lundi que le seul député francophone au Parlement flamand, Christian Van Eyken (Défi), et sa collaboratrice - et compagne -, Sylvia Boigelot, entendront le jugement du tribunal correctionnel dans le dossier de faux pour lequel ils sont poursuivis.

Ils auraient falsifié le diplôme de Sylvia Boigelot afin que celle-ci touche un salaire plus élevé comme assistante parlementaire. Le parquet n’a pas insisté : lors des débats, il ne s’est pas opposé à une suspension du prononcé.

Mais le couple doit aussi répondre de faits bien plus graves. C’est également ce lundi que le tribunal correctionnel tiendra une première audience introductive dans le dossier d’assassinat pour lequel ils doivent répondre. On se bornera ici à fixer un calendrier pour les prochaines audiences.

La victime retrouvée morte dans son lit

Cela aurait pu être le crime parfait. Le médecin de famille n’avait rien décelé de suspect lorsqu’il avait été appelé, le 8 juillet 2014, pour constater la mort, dans son lit, de Marc Dellea, un négociant en café âgé de 45 ans. Il avait délivré le permis d’inhumer. D’après ses constatations, Marc Dellea était décédé 48 heures plus tôt.

Le médecin légiste désigné par le parquet avait remarqué une plaie minuscule au lobe d’une oreille. Un examen approfondi avait décelé un projectile dans le cerveau, tiré, diront les experts en balistique, par un petit pistolet de défense.

Marc Dellea était divorcé depuis deux ans. Il avait une fille de 7 ans de son ex-femme, Sylvia Boigelot, âgée de 38 ans. Leur enfant vivait dans leur ancien appartement à Neder-over-Hembeek.

Une semaine sur deux, le père, qui avait loué un studio, la rejoignait. L’autre semaine, c’était la mère, qui, lorsqu’elle n’était pas avec sa fille, vivait en couple avec son employeur, Christian Van Eyken (Défi).

Les enquêteurs avaient constaté qu’il n’y avait pas de trace d’effraction sur les accès à l’appartement. Marc Dellea avait donc ouvert à la personne qui l’avait tué. A moins que celle-ci n’ait eu la clé de l’appartement.

Les enquêteurs ont épluché les images des caméras de surveillance installées dans le hall d’entrée. Les images avaient montré que Sylvia Boigelot et Christian Van Eyken étaient venus le 6 juillet à l’appartement, peu avant l’arrivée de Marc Dellea, et que ce dernier n’en était plus ressorti.

Sylvia Boigelot a été placée sous mandat d’arrêt en octobre 2015. Christian Van Eyken, dont l’immunité parlementaire avait été levée par le Parlement flamand, a été placé sous mandat d’arrêt le 26 janvier 2016 et incarcéré. Deux jours plus tard, il était libéré car le juge d’instruction avait oublié de signer le mandat d’arrêt. Christian Van Eyken a toujours protesté de son innocence.