Belgique

Voici la chronologie des principaux événements depuis cette date: 2007: - 10 juin: à l'issue des élections législatives, le CD&V allié aux nationalistes de la N-VA redevient le premier parti de Belgique en décrochant 30 sièges à la Chambre. Les libéraux ont limité les pertes qu'on leur prédisait et, ensemble, MR et Open Vld constituent la plus grande famille politique du pays. Progressant en voix mais régressant en sièges, le MR a supplanté le PS en devenant le premier parti francophone. Les socialistes, au sud et surtout au nord du pays, sont les grands perdants du scrutin. En Flandre, les populistes de la Lijst Dedecker (LDD) font irruption en décrochant cinq sièges.

- 11 juin: le sp.a, marqué par sa lourde défaite, fait savoir qu'il choisit d'ores et déjà de siéger dans l'opposition.

- 13 juin: le roi Albert II nomme le président du MR, Didier Reynders, informateur. M. Reynders ne cache pas sa préférence pour une coalition de centre-droit.

- 4 juillet: l'informateur remet son rapport intitulé "Développer, rassembler, protéger".

- 5 juillet: le roi confie à l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene (CD&V) une mission de médiation et de négociation.

- 15 juillet: M. Dehaene est déchargé de sa mission, prématurément diront certaines sources. L'intéressé n'aurait guère apprécié qu'Yves Leterme, pressenti pour devenir Premier ministre, travaille dans son dos. Il conclut toutefois que la voie est ouverte pour constituer une majorité "orange-bleu" (libéraux et sociaux-chrétiens). Dans la foulée, M. Leterme est nommé formateur. Il lance les négociations de l'orange bleue associant le CD&V/N-VA, le cdH, le MR et l'Open Vld.

- 23 août 2007: les antagonismes entre les partis flamands et les partis francophones sur les dossiers communautaires apparaissent pour la première fois insurmontables et contraignent M. Leterme à sa première démission, en tant que formateur.

- 29 août: le président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD&V), endosse les habits de l'"explorateur" pour tenter de trouver une solution à la crise.

- 29 septembre: M. Leterme est à nouveau désigné formateur. Les négociateurs de l'orange bleue engrangeront des accords partiels sur les dossiers socio-économiques mais ne progresseront pas dans les dossiers communautaires.

- 7 novembre: la commission de l'Intérieur de la Chambre approuve la proposition de loi flamande scindant l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Avant le vote, les députés francophones quittent la séance et dénoncent la "gifle" flamande. Les négociations seront suspendues.

- 8 novembre: le roi demande aux présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker (MR), de prendre "une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée des institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés". Le duo des réconciliateurs entre en scène. Ils recommanderont la mise sur pied d'une Convention composée de parlementaires et de membres des gouvernements régionaux et communautaires.

- 9 novembre: le parlement de la Communauté française approuve une motion en conflit d'intérêts après le vote intervenu sur BHV et gèle de la sorte le dossier pendant plusieurs mois.

- 26 novembre: trois partis de l'orange bleue (MR, cdH et Open Vld) acceptent le principe de confier la préparation de la réforme de l'Etat à la Convention. Mais le CD&V et la N-VA renâclent: ils attendent plus des francophones. M. Leterme pose trois questions aux partis autour de la table, relatives au cadrage des négociations sur la réforme. Il met en particulier la pression sur le cdH.

- 1er décembre: devant le blocage, M. Leterme présente pour la deuxième fois sa démission. La Belgique n'a toujours pas de nouveau gouvernement.

- 3 décembre: le roi demande au Premier ministre démissionnaire Guy Verhofstadt (Open Vld) de l'informer à bref délai des moyens pour sortir de l'impasse.

- 17 décembre: le roi nomme M. Verhofstadt formateur. Il est chargé de mettre sur pied un gouvernement intérimaire qui s'occupera des affaires urgentes et lancera les discussions sur la réforme de l'Etat. Il fera monter le PS dans les négociations dont les socialistes étaient exclus depuis le 10 juin. La participation du cdH suscite en revanche la polémique: le MR n'en voit plus l'utilité dès lors que les socialistes ont été remis en selle mais le PS et le CD&V soutiennent les démocrates-humanistes.

- 20 décembre: le roi nomme M. Verhofstadt Premier ministre d'un gouvernement composé de cinq partis: l'Open Vld, le MR, le CD&V, le cdH et le PS. MM. Reynders et Leterme sont vice-Premiers ministres et ministres des Réformes institutionnelles. La N-VA ne vote pas la confiance à ce nouvel exécutif.

2008: - 15 janvier: le groupe "Octopus" chargé de se pencher sur la réforme de l'Etat est officiellement installé. Il est composé de représentants du CD&V/N-VA, du cdH, du MR, de l'Open Vld, du PS, du sp.a/Spirit, d'Ecolo et de Groen!. Les vice-Premiers ministres Didier Reynders et Yves Leterme en assurent la présidence. Un "comité des sages" est constitué au sein de ce groupe.

- 14 février: M. Leterme est hospitalisé d'urgence. Le ministre Jo Vandeurzen (CD&V) reprend ses attributions.

- 25 février: le groupe Octopus approuve l'accord auquel est parvenu le comité des sages sur un "premier paquet" de transferts de compétences. La date du 15 juillet est évoquée pour la première fois dans l'exposé des motifs de la proposition de loi qui concrétise ce premier paquet. "Le gouvernement est invité à faire une déclaration à la Chambre des représentants avant la mi-juillet sur le contenu du second paquet. Les textes de loi nécessaires y seront adjoints afin de les approuver avant les vacances parlementaires", dit le texte.

- 28 février: M. Leterme quitte l'hôpital.

- 18 mars: les cinq partis concluent l'accord de majorité du gouvernement définitif. M. Leterme succède à M. Verhofstadt et devient premier ministre. La N-VA ne participera pas à ce gouvernement mais votera la confiance.

- 11 avril 2008: les bourgmestres non nommés de Crainhem, Wezembeek-Oppem et Linkebeek envoient un nouvel acte de candidature à leur nomination.

- 8 mai: le dossier BHV revient à la Chambre après qu'a expiré, sans donner de résultat, la procédure en conflit d'intérêts initiée par le parlement de la Communauté française. A l'issue d'une longue séance, la proposition de loi est inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée. Son parcours est toutefois paralysé une nouvelle fois le lendemain par le vote d'une motion en conflit d'intérêts par le parlement francophone bruxellois.

- 13 et 14 mai: une délégation du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l'Europe mène une mission d'enquête en Belgique après la non-nomination des trois bourgmestres. Elle est dirigée par le Français Michel Guégan. Le 27 mai, il épingle cinq manquements à la Charte de l'autonomie locale.