Circonscription wallonne, rude retour

P. P. Publié le - Mis à jour le

Belgique

L’an passé, les Fêtes de Wallonie s’étaient déroulées en plein chaos fédéral. Celles de 2012, dans leur versant officiel, n’ont pas évité d’évoquer déjà les aléas liés aux élections de 2014 Tantôt pour rassurer : "Il restera toujours un Etat de droit, des majorités spéciales, des mécanismes de protection. Personne ne sera en mesure de dicter de manière unilatérale sa volonté aux Wallons", indiquait, samedi à Namur, le ministre-Président Rudy Demotte (PS). Tantôt pour prévenir : "La Wallonie doit, en partenariat avec Bruxelles, ouvrir le débat sur la mise en œuvre des compétences nouvelles. Faisons-le vite, pour être prêt en 2014", lançait Patrick Dupriez, le président (Ecolo) du Parlement wallon.

En son premier discours des "Wallos", il ajoutait : "L’intérêt général wallon dépasse clairement les fragmentations géographiques." La Wallonie devrait "devenir résolument" plus que "la somme de ses parties". Pour y parvenir, le successeur d’Emily Hoyos au perchoir du Parlement cite cette voie : organiser l’élection de ses députés pour partie sur la base d’une circonscription couvrant tout le territoire régional; "cette circonscription favoriserait le débat à l’échelle de la Wallonie; renforcerait la vision wallonne".

Mouais Voilà qui était aussi sec, à la réception d’après-discours, rejeté au moins par le président du CDH, Benoît Lutgen. Répétant que ce serait défavoriser les Wallons ruraux (et même leur "faire injure"), nourrir la "peopolisation" de la vie politique wallonne, et instaurer une assemblée "à deux vitesses".

Répétant ? Oui, car Patrick Dupriez n’a rien inventé. Les accords de l’actuelle majorité Olivier prévoient explicitement que le Parlement wallon réfléchisse à ce scénario - ce que M. Dupriez n’a pas manqué de rappeler à M. Lutgen, comme celui-ci reprochait à celui-là de sortir de son rôle. Et l’hypothèse revient régulièrement dans l’actualité. Si on a bonne mémoire, c’est un social-chrétien, Philippe Maystadt, qui l’évoqua le premier, dès 1997. On la revit dans une déclaration actualisée de la tripartite arc-en-ciel de 2001. Aux "Wallos" de 2011, deux poids lourds ministériels Ecolo (Nollet) et PS (Marcourt) l’avaient, ensemble, relancée. Mais Rudy Demotte l’avait aussitôt remballée eu égard à l’opposition du coalisé CDH et à ses propres réticences.

Pourquoi, même s’il y a de quoi être fort sceptique, la nouvelle tentative aurait-elle la moindre chance cette fois de réussir ? Parce que les accords institutionnels sont passés par là. D’une part, ils prévoient que les assemblées fédérées pourront légiférer sur leur composition, ce qui évacue toute querelle de compétence. D’autre part, le nombre de parlementaires fédéraux sera réduit. Il serait ainsi imaginable de grossir celui des députés régionaux. Le rapport ? Beaucoup de résistances au scénario d’une circonscription régionale tiennent au fait que, à nombre identique d’élus wallons, moins de sièges seraient à pourvoir dans les actuelles circonscriptions, ou que celles-ci devraient être élargies. Bref, quand même, le débat sera-t-il relancé, après les communales ?

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