Belgique

Deuxième démission d'échevin en trois jours, celle de Claude Despiegeleer est intervenue ce week-end à Charleroi. L'administrateur le plus en vue de «La Carolorégienne» rend les armes, dans ce dossier qui avait mis en lumière ce que le bourgmestre lui-même a appelé, hier encore, des «errements et des errances». C'est vers lui qu'allaient les plus lourds reproches, à propos de frais de représentation particulièrement élevés. Dans son courrier à Jacques Van Gompel, l'ex-échevin des Sports dit démissionner «dans l'intérêt du PS et de la Ville de Charleroi». Une démission, pas un aveu: il s'agit de ne pas «déforcer le parti à quelques mois des élections communales en donnant du grain à moudre à l'extrême droite». Il veut continuer à servir comme conseiller communal, à l'inverse de l'autre échevin démissionnaire, André Liesse.

Explication identique, dans son courrier à Jean-Claude Van Cauwenberghe, président de l'Union socialiste communale: «J'ai été, écrit Claude Despiegeleer, sensible à ton appel humain et fraternel». Une concession, aussi, dans ce courrier: «J'ai maintenant conscience de m'être exposé à la critique par certains comportements à La Carolo et le regrette d'autant plus que, durant toute ma vie, je me suis battu pour concrétiser le droit au logement pour tous, dans notre métropole.» Mais on peut aussi penser que la menace d'Elio Di Rupo d'exclure du parti les échevins récalcitrants aura pesé dans la décision de «Despi». En réponse, Jacques Van Gompel a signalé qu'il allait maintenant demander aux instances de l'USC de se réunir le plus rapidement possible afin de désigner les candidats au remplacement des deux échevins démissionnaires.

Quant au troisième homme, Serge Van Bergen, il est dans une situation particulière: échevin sans attributions, il n'a pas pu être démis de ses mandats dans les intercommunales et les asbl paracommunales, au conseil de jeudi soir, faute de quota suffisant. Il reste donc sans compétences scabinales, mais toujours en charge des mandats annexes, jusqu'à la prochaine réunion du conseil communal, et pour autant que, cette fois, la majorité PS y consente. Injoignable hier après-midi, il avait laissé le soin à sa compagne de faire office de porte-parole, pour schématiser sa pensée: non, il ne réagit pas à la démission de Claude Despiegeleer; non, il ne démissionne pas, «parce qu'il n'a rien fait»; non, il n'avait pas encore, dimanche midi, reçu de convocation à une quelconque audition par les enquêteurs de l'Office central de répression de la corruption.

© La Libre Belgique 2005