Belgique

Bart De Wever estime que les autorités locales peuvent aider.

Le président de la N-VA Bart De Wever a indiqué mardi soir, lors d'une réunion de plusieurs bourgmestres belges et néerlandais à Delft (Pays-Bas), qu'il plaide pour la création d'un département belge pour la sécurité intérieure chargé notamment de la surveillance de jeunes partis combattre en Syrie, rapportent mercredi plusieurs médias. Bart De Wever estime que les autorités locales peuvent aider, dans une certaine mesure, à éviter que des jeunes partent vers la Syrie ou l'Irak, mais selon lui, la surveillance des jeunes combattants déjà radicalisés relève des niveaux belge et européen.

Le risque que des anciens combattants commettent des attentats en Europe est en effet réel. "Nous l'avons vécu à Bruxelles et cela ne fait aucun doute que ça se produira à nouveau, les services de renseignement sont formels sur ce point", explique M. De Wever au média néerlandais Nieuwsuur. "Ce n'est qu'une question de temps. En tant que dirigeant local, vous ne pouvez évidemment rien faire contre ça. Nous demandons donc par exemple la création d'un vrai 'Homeland Security Office'" pour identifier ces jeunes combattants et le risque qu'ils représentent.

Le bourgmestre d'Anvers ajoute que les autorités locales auraient aussi un rôle à jouer. "Je peux être les yeux et les oreilles des services de sécurité de mon propre pays et de l'Europe, parce que je sais qui sont" ces jeunes, dit-il. "J'ai d'ailleurs fait identifier à Anvers le groupe-cible et je peux les surveiller dans une certaine mesure. Mais ce que je ne peux évidemment pas faire, c'est faire remonter ce type d'informations aux autorités nationales et européennes, ni recevoir de ces niveaux-là les informations sur les dangers potentiels."

Selon un criminologue, "Homeland Security" pourrait entrer en conflit avec les services existants

La création d'un département belge pour la sécurité intérieure, comme "Homeland Security" aux Etats-Unis, destiné à surveiller les jeunes qui se radicalisent, risque de se heurter à la résistance des services existants, selon le criminologue Brice De Ruyver, qui réagit au plaidoyer tenu par le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever. Le criminologue plaide lui pour un renforcement du "tissu existant". Le président de la N-VA Bart De Wever a indiqué mardi soir, lors d'une réunion de plusieurs bourgmestres belges et néerlandais à Delft (Pays-Bas), qu'il plaide pour la création d'un département belge pour la sécurité intérieure chargé notamment de la surveillance des jeunes partis combattre en Syrie. Bart De Wever estime que les autorités locales peuvent aider, dans une certaine mesure, à éviter que des jeunes partent vers la Syrie ou l'Irak, mais selon lui, la surveillance des jeunes combattants déjà radicalisés relève des niveaux belge et européen.

"Cela sonne bien, mais des exercices similaires par le passé ont récolté peu de succès. En tant qu'historien, Bart De Wever devrait le savoir", réagit le criminologue Brice De Ruyver.

Le criminologue cite notamment la création, dans les années '70, de l'Administration de l'information criminelle (AIC), chargée de lutter contre le trafic de stupéfiants, à l'image de ce qui se fait aux Etats-Unis. Ce service, qui a fait l'objet de nombreux scandales, n'a jamais été intégré selon Brice De Ruyver. "Si un nouveau service arrive sur un terrain déjà occupé par un service existant, ce service sera contrarié. C'est une donnée connue", explique-t-il.

Brice De Ruyver constate également, tout comme Bart De Wever, que l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) a jusqu'à présent fourni du bon travail. "Cela grâce aux efforts de nombreux acteurs. Nous ferions mieux de renforcer le tissu existant". Il pense surtout au niveau local où il serait intéressant selon lui "de créer une structure où les villes et communes peuvent échanger des informations, partager leur expertise" etc.

Via cette structure, le niveau local pourrait également être représenté au sein du Collège du renseignement et de la sécurité (CRS), l'organe administratif qui prépare pour le Comité ministériel du renseignement et de la sécurité (CMRS) la politique en matière de renseignements, souligne le criminologue.