Belgique

Dans son discours lors de la cérémonie du souvenir, lundi soir, au cimetière de Saint-Symphorien, le Premier Ministre britannique David Cameron a souligné la cruauté de la Première Guerre mondiale et le souvenir indélébile des soldats tombés au front. "Nous n'oublierons jamais, nous nous souviendrons toujours d'eux", a indiqué David Cameron lundi au cimetière de Saint-Symphorien. "Toutes les guerres sont cruelles mais celle de 14-18 l'a été particulièrement, touchant et brisant des millions de vies. Tous ces hommes se sont battus pour préserver le démocratie et la liberté. Nous ne pouvons les oublier, ces vétérans qui n'ont plus jamais été les mêmes, nous pensons à ces mariages qui n'ont jamais eu lieu, à ces bébés qui ne sont jamais nés."

De nombreuses personnalités ont assisté à la cérémonie privée organisée lundi soir au cimetière militaire de Saint-Symphorien. On a notamment noté la présence, aux côtés du roi Philippe et de la reine Mathilde, du duc et la duchesse de Cambridge William et Kate, du prince Harry de Galles, du Premier ministre britannique David Cameron, du Premier ministre belge Elio Di Rupo, du président allemand Joachim Gauck, du président irlandais Michael D. Higgins, du vice-président de la commission des tombes du Commonwealth, Sir Joe French, du ministre canadien des Anciens combattants Julian Fantino et du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants du ministère de la Défense française, Kader Arif.


La cérémonie du souvenir dans un profond recueillement

La cérémonie du souvenir aux soldats allemands, britanniques et alliés tombés au cours de la Grande Guerre et enterrés à Saint-Symphorien s'est déroulée lundi soir dans le plus grand recueillement en présence, entre autres, du Duc et de la Duchesse de Cambridge William et Kate, du prince Harry, du roi Philippe et de la reine Mathilde. "Il y a cent ans, le 4 août 1914, la Grande-Bretagne et l'Allemagne étaient en guerre. Un siècle plus tard, nous sommes réunis en paix pour commémorer cet anniversaire et nous souvenir du prix de la guerre." C'est en ces termes que le narrateur de la cérémonie du souvenir au cimetière de Saint-Symphorien (Mons) a ouvert son discours.

La cérémonie a été ponctuée par plusieurs lectures, en anglais et en allemand, de témoignages, de lettres de soldats, de poèmes, dans l'ambiance paisible et de profond recueillement régnant, sous le soleil couchant, au cimetière militaire de Saint-Symphorien. Le lieu contient les corps de soldats allemands et britanniques, dont les premiers et derniers soldats britanniques morts sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale.

La cérémonie, qui a commencé à 20h30, s'est terminée une heure plus tard par un dépôt de gerbes de fleurs et de lanternes allumées par les personnalités au pied de l'obélisque commémorative.

Au terme de la cérémonie, les membres de la famille royale britannique ont repris le chemin de la Grande-Bretagne.

7000 personnes à Mons pour accueillir William, Kate et le Prince Harry

Plus de 7.000 Montois ont chaleureusement ovationné le Duc et la Duchesse de Cambridge, William et Kate, ainsi que le Prince Harry, lors de leur apparition au balcon de l'Hôtel de Ville de Mons, lundi en fin d'après-midi.

Les membres de la famille royale britannique avaient été accueillis sur le coup de 18h30 devant le porche de l'Hôtel de Ville de Mons par le Premier ministre et bourgmestre en titre de Mons Elio Di Rupo, par le bourgmestre ff Nicolas Martin, ainsi que par le gouverneur de la province de Hainaut, Tommy Leclercq.

William, Kate et Harry ont pu découvrir deux plaques commémoratives aux soldats canadiens et irlandais de la Grande Guerre, installées dans le porche de l'Hôtel de Ville. Ils ont également pu admirer le tableau du peintre montois Marcel Gillis relatant la légende locale dite "des Anges", selon laquelle des anges seraient miraculeusement apparus dans le ciel montois alors que les soldats britanniques étaient acculés face à l'avance de l'armée allemande en août 1914. Les anges auraient stoppé temporairement l'avancée des troupes allemandes, permettant ainsi aux Britanniques d'organiser leur retraite.

Après la signature du Livre d'Or, William, Kate et Harry se sont entretenus dans la Salle Gothique de l'Hôtel de Ville avec des représentants du monde judiciaire, universitaire, de différentes associations culturelles et historiques ainsi qu'avec les représentants de Mons 2015, Capitale Européenne de la Culture. Les membres de la famille royale britannique ont ensuite été chaleureusement ovationnés par plus de 7.000 personnes rassemblées sur la Grand-Place de Mons, lors de leur apparition au balcon de l'Hôtel de Ville. William, Kate et Harry ont ensuite pris la direction du cimetière militaire de Saint-Symphorien pour assister à la cérémonie du souvenir, en soirée.

Le cimetière montois a été choisi par le gouvernement britannique pour son symbole historique. Y sont en effet enterrés les corps du premier et du dernier soldats britanniques morts sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale.

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Hollande salue la résistance liégeoise

Tout comme Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, le président français a fait référence au "lien de sang" unissant la France et la Belgique, "que rien ne viendra dénouer", lors de son discours lundi après-midi à l'hôtel de Ville, pour commémorer l'octroi de la légion d'honneur à la Cité ardente, le 7 août 1914.

Mais François Hollande a également tenu a saluer les "valeureux soldats de l'armée belge" qui ont incarné "l'esprit de résistance de tout un pays et de tout un peuple entraîné malgré lui dans la guerre" et la "volonté farouche de la Belgique de défendre son indépendance". Pendant dix jours, retranchés dans les 12 forts de Liège, "les 30.000 hommes du général Gérard Leman ont fait face à 120.000 soldats allemands, aux effroyables canons à grande portée 'Grosse Bertha' et à ses Zeppelins, qui pour la première fois étaient engagés dans une action militaire", a souligné le président.

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Il a ensuite rendu hommage aux centaines de milliers de soldats français venus se battre sur le sol belge. Il y a 100 ans s'est créé "entre la France et la Belgique un lien de sang que rien ne viendra dénouer. Et en même temps une commune volonté de paix", a alors ajouté François Hollande. "Le mois d'août 1914 fut terrible en Belgique et notamment à Liège, qui a été présentée comme la 'soeur' de Verdun. La France ne l'a pas oublié, c'est le sens de ma présence ici. Et la France tient à exprimer ici, sa fidélité, son respect et sa gratitude à l'égard de la Belgique", a-t-il encore déclaré, concluant son discours d'un "Merci Liège". Le président a ensuite remis la Croix de la Légion d'honneur à Willy Demeyer, saluant une amitié entre les deux villes "aussi ardente que porte le nom de votre Cité".

2000 Liégeois pour acclamer Hollande et le coupe royal

François Hollande et le couple royal sont arrivés à proximité de l'Hôtel de Ville de Liège peu avant 15h. A leur sortie des voitures les amenant du Palais provincial ils ont serré de nombreuses mains et pris le temps de discuter avec l'une ou l'autre personne.

Dès leur arrivée à la Violette, surnom de l'édifice, acclamés par la foule, ils se sont prêtés à un salut au balcon en présence du Premier ministre, du bourgmestre Willy Demeyer et de Michel Foret et André Gilles, gouverneur de la province de Liège et député-président de celle-ci.

Une foule de quelque 2.000 personnes agitant des drapeaux belges et français, s'était amassée lundi en début d'après-midi devant l'édifice et aux abords de la place Saint-Lambert.

Le passage des Patrouilles de France et de Belgique, dans le ciel liégeois, a précédé l'entrée dans l'Hôtel de Ville, où la Croix de La Légion d'honneur est exposée.

Les hymnes nationaux belge et français étaient prévus pour l'occasion, avant une allocution de Willy Demeyer et une autre du président français, François Hollande. Un livre d'or sera encore signé.

Une sobre cérémonie à Cointe

Le roi Philippe et la reine Mathilde ont rejoint le Mémorial interrallié de Cointe à Liège, à 11h lundi, pour le lancement de la première cérémonie nationale à l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Le roi, en costume noir, et la reine, vêtue d'une robe bleu-gris aux manches trois quart, sont à leur tour arrivés à Cointe après avoir accueilli l'ensemble des hauts représentants étrangers qui ont fait le déplacement. Leur arrivée a été accompagnée au son de la Brabançonne.

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Les souverains ont été précédés par le président français François Hollande, le prince William et la princesse Kate, représentant le Royaume Uni, mais aussi par le roi Felipe VI d'Espagne et Joachim Gauck, le président allemand. Tous sont installés sur une estrade surplombant l'esplanade au pied de la tour du Mémorial.

Après une revue des troupes, le gouverneur de la province de Liège Michel Foret a pris la parole, saluant notamment sa reconnaissance à l'organisation des cérémonies à Liège, avant la projection d'un film.

Lâcher de ballon et coups de canon

Pauline, dix ans, s'est avancée vers le roi pour lâcher un ballon blanc à midi, au Mémorial interallié de Cointe à Liège, en guise de conclusion à la cérémonie commémorant le centenaire de l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes.

Après une série de discours symboliques, clôturés par deux coups de canon, le roi Philippe a déposé une gerbe de roses blanches devant une plaque commémorative. La fillette, symbole de la transmission de la mémoire aux générations futures, a ensuite lancé un ballon blanc, représentant la paix et a tenu la main du souverain pour parcourir l'esplanade. Des milliers de ballons se sont ensuite élancés dans le ciel, aux couleurs des pays invités.

Douze coups de canon ont sonné la fin des cérémonies, avant une interprétation de "l'Ode à la joie", par le choeur d'enfants La Schola et Le Trimarrant, l'Hymne européen, par la musique royale de la Force aérienne et la Brabançonne.

Parmi les pays invités figuraient ceux ayant eu des combattants sur le sol belge mais aussi les belligérants. D'autres pays neutres, comme l'Espagne, étaient représentés. L'Espagne a en effet été le premier pays à acheminer à l'époque des vivres vers la Belgique occupée.

Les autres hauts représentants ont aussi quitté les lieux, sur un interlude musical.

La construction du Mémorial interallié, théâtre des cérémonies de lundi, reste l'un des plus importants hommages rendus par les alliés au rôle qu'a joué la Belgique dans la Grande Guerre.

Au total, 83 nations étaient invitées à l'événement lundi.

Après un déjeuner au palais provincial, les commémorations à Liège se poursuivront à l'Hôtel de Ville, à 15h, avec tout d'abord un salut au balcon de François Hollande, du couple royal belge, du Premier ministre et plusieurs figures liégeoises. Le bourgmestre de la ville, Willy Demeyer, doit notamment prendre la parole.

Le duc et la duchesse de Cambridge se rendront dans l'après-midi à Louvain, puis à Mons, où ils devraient être rejoints par le prince Harry.

Le roi salue le rôle de l'UE dans la paix entre ses membres

Le roi Philippe a salué lundi le rôle de l'Union européenne dans l'établissement de la paix durable qui prévaut entre ses Etats membres, après des siècles de conflits qui ont ensanglanté le Vieux Continent. "La paix n'est pas seulement l'absence de guerre. La paix est bien plus que cela. Pour être durable, elle doit reposer sur un projet commun qui lie d'une façon nouvelle ceux qu'elle engage. Elle appelle à la création de solidarités, elle repose sur le tissage de liens plus étroits entre les peuples et le dialogue respectueux entre les nations. Elle dépend aussi de la qualité et du degré de confiance entre les responsables politiques des différents pays", a-t-il affirmé devant un parterre de représentants rassemblés au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

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"Il faudra attendre la création de l'Union européenne, pour que ce regard nouveau prévale entre plusieurs Etats européens, ce qui assurera enfin des décennies de paix aux Etats qui en font partie", a ajouté le souverain.

"Le souvenir de la Première Guerre mondiale nous donne à réfléchir à la responsabilité des dirigeants et aux décisions qu'ils peuvent prendre pour préserver la paix et rapprocher les peuples. Ce défi reste aujourd'hui un enjeu majeur", a-t-il poursuivi.

Selon le roi, "la mémoire européenne nous rappelle qu'aucune paix ne peut être durable sans un état d'esprit qui surpasse la souffrance endurée, qui dépasse la question de la culpabilité et qui se tourne résolument vers l'avenir".

"L'Europe pacifiée, l'Europe unifiée, l'Europe démocratique. Nos grands-parents en ont rêvé. Nous l'avons aujourd'hui. Chérissons-là, et continuons à l'améliorer. Continuons ensemble à porter à travers le monde le message que la paix durable passe par une véritable réconciliation et un projet commun", a-t-il conclu.


Elio Di Rupo rend hommage aux soldats belges de 1914 et aux victimes civiles

Le Premier ministre démissionnaire Elio Di Rupo a rendu lundi hommage aux soldats belges pour leur résistance en août 1914 lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale et aux milliers de victimes civiles belges, massacrées en août 1914 par l'envahisseur allemand. "Permettez-moi de rendre un hommage particulier aux soldats belges", a-t-il affirmé devant un parterre de représentants rassemblés au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Leur extraordinaire résistance, aux premiers jours de la guerre, constitue un fait historique majeur", a souligné M. Di Rupo, rappelant qu'elle a "offert à nos voisins et alliés (en particulier la France et la Grande-Bretagne, ndlr) davantage de temps pour s'organiser et se défendre".

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"Ce fut la toute première étape sur le long, le très long chemin vers la liberté", a ajouté le chef du gouvernement fédéral. M. Di Rupo a aussi rendu un "hommage appuyé" aux milliers de victimes civiles belges, massacrées en ce funeste mois d'août 1914 par l'envahisseur. "De nombreux villages et villes de notre pays en portent encore les stigmates", a-t-il dit. Il a appelé au respect de l'autre et à la tolérance, sans lesquels "il n'y a pas de paix possible".

"Nous devons faire en sorte que chacun apprenne, dès le plus jeune âge, à accepter la différence et le dialogue. Nous devons aussi nous montrer intransigeants par rapport à toutes les formes de racisme, de xénophobie et d'antisémitisme", a fait valoir M. Di Rupo.


Le président allemand dénonce le nationalisme à l'origine du conflit

Le président allemand Joachim Gauck a dénoncé lundi à Liège le nationalisme qui régnait dans son pays en 1914 et qui a été, selon lui, responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale, tout en remerçiant la Belgique pour la réconciliation intervenue au lendemain du second conflit mondial. "Nous commémorons aujourd'hui la terrible 'Grande Guerre', qui allait être la première des deux guerres mondiales. Cette guerre commença en Europe occidentale par l'invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes, une invasion que rien ne pouvait justifier", a-t-il déclaré devant un parterre de représentants rassemblés au Mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des Alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Cette invasion ne faisait que suivre la logique militaire. Ainsi, dès le premier jour du conflit, il devint manifeste que les traités étaient sans valeur aucune et les normes de civilisation abolies", a ajouté M. Gauck, un ex-pasteur et militant des droits de l'homme à la fin de la RDA.

"Le nationalisme avait presque aveuglé tous les coeurs et les esprits. Ni les normes culturelles et de civilisation, ni les croyances religieuses, ni la raison n'avaient été assez fortes pour donner une autre orientation à la conscience. Au contraire. On croyait même être dans son droit, tant du côté de la morale que de la religion. Dans cette lutte d'une culture contre une autre, les sentiments de supériorité et un égoïsme nationaliste extrême triomphaient de l'empathie", a poursuivi le président allemand.

Il a en particulier évoqué l'"horreur" suscitée par les troupes allemandes, et en particulier par leur attitude à l'égard des civils, et les attaques contre le patrimoine culturel. "La destruction de la célèbre bibliothèque de Louvain devint un symbole qui déclencha la peur, la consternation et l'ire générales", a-t-il dit.