Belgique

Pour l’ULB, c’est une vraie reconnaissance. Son Ecole polytechnique (EPB) signait ce mercredi un accord de double diplôme avec la prestigieuse Ecole polytechnique (l’X) de Paris. Cet accord va notamment permettre aux étudiants bruxellois de réaliser une partie de leur cursus à Paris (et vice versa) afin d’obtenir un double diplôme. Avec ces échanges, c’est aussi la coopération entre les enseignants et les chercheurs qui va s’accélérer, se réjouissent Marie-Paule Delplancke, la vice-doyenne de l’EPB, et Yves Demay, le Directeur général de l’X.

De tels accords ne sont cependant pas nouveaux. Ils se multiplient même. Au-delà de leurs bénéfices pédagogiques, ils permettent aux universités de maintenir leur réputation sur le plan international.

Favorisée par le système Erasmus ou par la popularité des ranking internationaux, la concurrence est en effet de plus en plus féroce. Les étudiants sont désormais régulièrement approchés pour réaliser leurs études à l’étranger, et il est parfois difficile pour les universités belges de contrer la force de frappe financière de structures américaines ou asiatiques, tout en maintenant un apprentissage de qualité à des prix démocratiques.

"C’est un vrai défi" , reconnaît Pierre Dehombreux, le doyen de la faculté polytechnique de l’université de Mons. Lui aussi cite les multiples collaborations que sa faculté a mises en place jusqu’au Chili, au Brésil ou au Japon. Mais il insiste, à l’instar de ses collègues de l’ULB, sur la bonne réputation dont bénéficient les études d’ingénieur en Belgique (voir ci contre) .

"Nous n’aurions jamais signé d’accord de collaboration avec une mauvaise école" , souligne Yves Demay. "Quant à nous, nous connaissons la qualité de l’enseignement de l’X à Paris, mais nous sommes convaincus que nos étudiants peuvent l’assumer" , confie Gérard Degrez, le doyen de l’EPB.

Davantage d’anglais ?

Superstructure qui chapeaute l’enseignement supérieur en Belgique francophone, l’Ares (l’Académie de recherche d’enseignement supérieur) se veut également active pour favoriser la visibilité des universités, sans pour autant empiéter sur les stratégies de chacune.

Mais d’autres questions demeurent. Faut-il augmenter le nombre de cursus en anglais ? Les universités francophones le font prudemment pour demeurer attractives au niveau de la francophonie.

Et si près de 30 % des étudiants en Belgique proviennent de l’étranger, c’est bien une offre attractive pour les Belges aussi qu’il s’agit de mettre en avant. "On diplôme par an 1 200 ingénieurs industriels ou civils en Belgique francophone, on pourrait en diplômer 500 de plus" , insiste Gérard Degrez.