Belgique

Pierre Cassart, porte-parole de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) se montre plus que rassurant : la contamination bactérienne, liée à la consommation de légumes crus et plus particulièrement de concombres, qui affecte plusieurs pays d’Europe et plus spécialement l’Allemagne, ne menace en aucune façon la Belgique. "La saison du concombre est terminée, le marché national se suffit à lui-même, la Belgique étant même exportatrice, et il n’y a aucune raison que nous ayons importé un lot suspect."

Pour autant, l’Afsca a procédé à des vérifications et, au nom du principe de précaution, la Belgique a décidé d’interdire les importations de concombres en provenance des distributeurs espagnols dont les produits sont soupçonnés. C’est ce qu’a indiqué lundi la ministre fédérale de l’Agriculture, Sabine Laruelle (MR). "J’ai demandé qu’on interdise les importations de ces deux entreprises", a-t-elle déclaré, en marge d’une réunion des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne, à Debrecen, en Hongrie.

Cette annonce est plus théorique qu’autre chose, puisque l’Afsca insiste sur le fait qu’aucune importation de cette nature n’a eu lieu ces derniers mois.

"L’affaire témoigne aussi des revers de la médaille de la mondialisation", a estimé Mme Laruelle.

Sur le terrain allemand, la situation ne s’arrange guère puisqu’on a enregistré, lundi, un onzième décès qui pourrait être lié à la bactérie. Les premiers cas sont apparus en Allemagne il y a environ trois semaines.

Les cas d’infection, se traduisant par des diarrhées, des maux de tête et de vives douleurs au ventre, se sont massivement présentés dans le nord du pays. Aujourd’hui, on compte plus de 300 personnes atteintes, trois décès formellement attribués à la bactérie et huit autres en cours d’analyse.

Des cas confirmés ou suspects chez des personnes ayant voyagé en Allemagne ont été rapportés en Suède, aux Pays-Bas, au Danemark, en Grande-Bretagne, en Suisse, en France et en Autriche.

Pour rappel, la bactérie incriminée est un sous-type de la bactérie Escherichia coli produisant des shiga-toxines. Le réservoir principal de ces bactéries est le tube digestif des ruminants.

La transmission à l’homme se fait soit par contact direct avec des animaux contaminés ou avec l’environnement contaminé par leurs excréments, soit en consommant des aliments, soit par contact direct avec une personne dont l’hygiène ne serait pas rigoureuse.

Cette fois, il semble que des concombres issus de cultures sous serres en Andalousie soient à la source de la contamination. Les autorités sanitaires rappellent les règles d’hygiène habituelles : se laver les mains avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes et, concernant les fruits et légumes, les laver, les éplucher ou les faire cuire avant de les consommer.