Belgique

Projet Dar (sur les ratifications de permis par le Parlement wallon), suites. Preuve de sa singularité, son intérêt, ses ambiguïtés aussi : les hésitations de l'opposition. Pas chez Ecolo, dont l'hostilité a encore crû : le député Bernard Wesphael se dit hier "révolté" par "un déni de démocratie d'une ampleur rare", notamment parce que le texte ne se contente pas de définir un cadre mais revient aussi à ratifier 13 permis existants, souvent querellés, dont "clairement les élus ne sont pas en mesure d'évaluer ni l'intérêt régional ni les critères". Mais au MR, il y a évolution. Dès la première version du projet (sans liste limitative de dossiers), on savait les réformateurs partagés. Voilà quinze jours, le président Reynders avait donné la consigne de s'opposer. La réflexion a repris. Si des principes dérangent et leur application fait question, comment paraître s'opposer à certains dossiers identifiés par le décret, tel le contournement de Couvin où même localement l'hostilité paraît très marginale ?

Voilà pourquoi le MR devrait s'abstenir. Que le Conseil d'Etat puisse se trouver court-circuité par le Dar ne dérange pas son chef de groupe, Serge Kubla, qui s'en prenait à des "dérives", lundi en commission : "Il n'y a pas de grandeur à annuler une longue et coûteuse procédure parce qu'il manque un timbre sur une affiche. La Cour constitutionnelle (qui connaîtra des recours contre les permis par décret) pourrait être plus politique, moins spépieuse". On ne dit pas autre chose dans la majorité : "Jouer les procédures à l'infini pour des intérêts particuliers n'est pas un sommet de démocratie" (Edmund Stoffels, PS). Bref, le Dar passera sans mal. Pas sans perplexité.

Trois illustrations, tirées des débats à nouveau agités d'hier. 1° On sait (LLB de samedi) que le permis d'environnement pour Fedex/La Hulpe (un des 13 dossiers susdits) a été suspendu, aussitôt remplacé par un nouveau, apporté séance tenante. De quoi reporter les votes à jeudi, même si le ministre André Antoine répète que les députés n'ont pas à instruire le dossier, mais "simplement à ratifier ou non l'intérêt majeur"... 2° Ne risque-t-on pas des cas d'incompatibilités entre certains élus et dossiers ? Avis partagés... 3° Le gouvernement n'a-t-il pas contraint son expert, Me Francis Haumont, à un conflit d'intérêt, quand il l'a amené à défendre le projet le 23 juin en commission, alors que celui-ci avait plaidé le matin même au Conseil d'Etat les intérêts de la SA Codic (projet Fedex) ? Contestation...