Belgique

Les médecins généralistes sont inquiets. Du nord au sud, des cercles locaux aux syndicats en passant par les universités, c’est toute une profession qui s’émeut de la situation quasi-monopolistique occupée par la société Corilus sur le marché des logiciels médicaux. 

La Société de médecine générale constate en effet un inquiétant mouvement de concentration. L’Absym, premier syndicat du pays, partage cette inquiétude quant aux conséquences potentielles que cette situation pourrait engendrer en matière de vie privée et de secret professionnel médical. 

“Suite à de multiples absorptions successives de fournisseurs de logiciels concurrents, la firme belgo-néerlandaise Corilus détient aujourd’hui un quasi-monopole dans le secteur”, explique le président de l’Absym, le Dr Marc Moens. “Les utilisateurs de logiciels achetés se voient contraints de passer au logiciel proposé par Corilus, qui déclare enregistrer les données médicales dans le “cloud”. L’Absym entend disposer de solides garanties quant à la protection, quoi qu’il en coûte, de la vie privée et du secret professionnel médical.” Par ailleurs, “sa position monopolistique permet à Corilus d’augmenter fortement ses tarifs. Depuis janvier 2018, les généralistes paient 37% de plus pour leur logiciel médical”.

Devant cette situation, la profession s’insurge et refuse de subir la politique commerciale d’un fournisseur unique. La société Corilus, de son côté, a prévu de rencontrer les médecins qui utilisaient le logiciel de la société concurrente, MédicalSoft, qu’elle a racheté il y a quelques jours. Corilus veut les rassurer. Elle va devoir se montrer très convaincante.