Belgique

Belle cacophonie socialiste, ce mardi, en commission de l’Education du Parlement de la Communauté française. A l’ordre du jour : le projet de la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet (CDH), d’instaurer dans les écoles - tous réseaux confondus - d’ici la rentrée scolaire 2013 un "tronc commun" à tous les cours de morale non confessionnelle et de religions reconnues (catholique, protestante, israélite, islamique et orthodoxe) et ce, dès le fondamental.

Un projet mûrement réfléchi qui entend favoriser chez l’élève le développement d’une pensée rationnelle, logique et argumentative autour de trois grands axes : le questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et l’éducation à une citoyenneté active.

Mais, voilà, le projet de la ministre est loin de faire l’unanimité au sein des différents groupes parlementaires. Notamment dans le clan des députés socialistes qui soutiennent davantage l’idée prônée par le Centre d’étude et de défense de l’école publique (Cedep), consistant à vouloir " créer un cours de philosophie à part entière qui serait obligatoire pour tous, et à rendre facultatifs les cours de religion et de morale dans le réseau officiel". Le hic, c’est que le PS est dans la majorité parlementaire, aux côtés du CDH et d’Ecolo. Délicat dès lors de contester le projet de la ministre démocrate humaniste.

Face à un PS tiraillé entre deux pôles, le député libéral Richard Miller, initiateur de ces auditions, par ailleurs partisan de l’introduction d’un cours supplémentaire de "philosophie et d’histoire culturelle des religions", s’est dit "consterné par l’ab sence de position claire dans le chef du PS".

Christian Dupont, disant s’exprimer au nom du PS, s’est interrogé sur l’adéquation de rouvrir un tel débat à l’heure actuelle, et a insisté sur les matières fondamentales de l’enseignement (lecture, sciences, etc.). Il a déclaré vouloir "mettre en garde contre toute réponse bricolée", le contenu des cours de religion devant être déterminé selon lui par les chefs de culte, non par le Parlement " qui n’est pas habilité à se prononcer là-dessus", a-t-il lancé, évoquant la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Son collègue du PS Mohammed Daïf s’est demandé, pour sa part, "s’il ne fallait pas envisager tout simplement un cours de philosophie facultatif". "Incohérent" , a bouillonné Richard Miller (MR), déclarant que "tout le débat tournait précisément autour de cette nécessité imminente d’inculquer aux élèves des valeurs de liberté, d’égalité, de démocratie et de respect de l’autre".

Enfin, Olga Zrihen (PS) a appelé à faire clairement la différence entre un cours convictionnel - de religion donc - et un cours d’éducation civique et/ou de philosophie, réclamant, quant à elle, un cours sur la laïcité de l’Etat.

Au terme de cette première matinée d’auditions, Léon Walry, le chef de groupe PS, a réclamé du temps pour avancer dans sa réflexion.

Le CDH a préféré souligner "le pas en avant" dans la reconnaissance, par l’ensemble des intervenants, de l’urgence de renforcer l’esprit critique dès l’école primaire et la nécessité d’un cours de philosophie et d’histoire des religions.

Quant à Ecolo, Yves Reinkin s’est interrogé sur "la capacité de tous à avancer ensemble vers un dénominateur commun" d’ici la fin de la législature. Il voit la proposition de Madame Simonet comme une solution intermédiaire.

De nouvelles auditions sont programmées le 13 novembre prochain.