Crise: Le CD&V est montré du doigt

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Belgique

Il reste 48 heures avant la séance de la Chambre où les partis flamands - y compris ceux de la majorité - demanderont l'inscription à l'ordre du jour de la proposition de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde s'il n'y a pas d'avancée sur ce dossier. Il y aurait à nouveau une concertation ce mardi soir mais dans différents partis on disait que jusqu'à présent Yves Leterme n'avait convoqué aucune réunion. Depuis mercredi dernier les contacts se sont multipliés et le premier ministre Yves Leterme a déjà réuni trois fois les vice-premiers ministres et les présidents des partis de la majorité pour tenter de trouver une solution à la menace que fait peser sur le gouvernement la mise à l'ordre du jour de la Chambre de la proposition de loi visant à scinder BHV.

Jusqu'à présent, ces réunions n'ont rien apporté et à diverses sources on soulignait le caractère surréaliste de celles-ci. Quatre partis, les trois francophones et l'Open Vld, sont d'accord pour que le gouvernement demande le report de la discussion en annonçant que les partis s'engagent à négocier pour tenter de trouver une solution pour l'été. Le CD&V/N-VA est seul à rester sur sa position qui consiste à refuser toutes les propositions. "On est quatre autour du CD&V qui se noie dans un verre d'eau. On lui jette des bouées successives mais il ne parvient pas à se mettre d'accord pour les saisir", commentait un participant. Et d'ajouter que le CD&V demande d'ailleurs régulièrement des suspensions de séance et se réunit ensuite "avec lui-même" alors que le premier ministre Yves Leterme ne prend aucune initiative.

Le MR et l'Open Vld continuent quant à eux à accorder leurs violons. Les dirigeants des deux partis se réunissent régulièrement avant les rencontres avec les autres partenaires. Le vice-premier ministre Open Vld, Patrick Dewael, est d'ailleurs celui qui est sorti du bois en disant, avant la réunion du Comité restreint de mercredi dernier, que le premier ministre Yves Leterme devait demander au Parlement de reporter la discussion sur la proposition de loi de scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le même jour, le premier ministre Yves Leterme disait après la réunion du Comité ministériel qu'il fallait créer un climat serein et que tous les actes unilatéraux pourraient mettre en danger la négociation elle-même ou le climat des négociations institutionnelles. Quelques heures plus tard, le groupe CD&V/N-VA confirmait la position prise par le parti à savoir qu'il voulait voir BHV à l'ordre du jour tout en plaidant pour une négociation. Cette attitude était qualifiée de schizophrénique par Ecolo. Le chef de groupe Open Vld Bart Tommelein s'était alors étonné de la position des sociaux-chréteins-nationalistes. "C'est avancer avec un drapeau blanc tout en continuant à tirer", a-t-il commenté. Depuis, les choses n'ont plus progressé. Le CD&V/N-VA reste sur ses positions et toutes les tentatives des autres partis de la majorité sont restées lettres mortes. Mardi midi, après la conférence des présidents de la Chambre , le vice-premier ministre et président du MR Didier Reynders s'interrogeait dans ces conditions sur l'utilité d'une nouvelle réunion.

Entre temps, il a une nouvelle fois réuni les représentants des partis francophones alors qu'une polémique agitait le monde politico-médiatique. Le site internet du quotidien De Standaard a en effet publié mardi en début d'après-midi des déclarations qu'auraient faites le chef de groupe cdH à la Chambre Christian Brotcorne et selon lesquelles le cdH quitterait le gouvernement si BHV est mis à l'ordre du jour de la Chambre jeudi.

La présidente du cdH Joëlle Milquet a réagi en disant : "Cela n'a pas de sens. Le cdH n'a jamais dit qu'il allait quitter le gouvernement. Le cdH veut éviter la crise et à défaut s'inscrire dans la stratégie francophone de défense de leurs droits".

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